Corée du Nord (1/10) : à quoi ressemble le quotidien dans le pays le plus fermé du monde ?

LA CORÉE DU NORD, EPISODE 1/10 - A quoi joue la Corée du Nord ? En multipliant ses essais militaires au fil des mois, le régime de Kim Jong-Un est devenu un "état voyou", selon Donald Trump. Les deux hommes se livrent depuis à une joute verbale aux conséquences imprévisibles. Une crise que LCI vous aide à décrypter à travers une série d'articles. Premier d'entre eux : un focus sur le peuple nord-coréen, victime numéro 1 des provocations de leur dirigeant.

A l’heure où la guerre des mots entre Donald Trump et Kim Jong-Un occupe le devant de la scène, ce sont peut-être eux qui, en coulisses, sont les premiers à pâtir de la crise. Environ 25 millions de personnes vivent en Corée du Nord, des civils dont les visages apparaissent souvent dans les vidéos de propagande du régime. Mais qu’en est-il réellement du quotidien dans le pays le plus secret du monde ? Eléments de réponse.


Pour les Nord-coréens, pas une journée ne débute sans que ne retentissent les sirènes dès 5 heures du matin. Des haut-parleurs sont en effet installés un peu partout afin de diffuser à plein volume un air hypnotique durant plusieurs minutes. Le but : rappeler à tous les habitants les sacrifices endurés par leurs anciens dirigeants.

Pénuries chroniques d'énergie

Le salaire annuel moyen varie de 1 000 à 2 000 dollars, ce qui équivaut à un salaire quotidien de 4 dollars. Pays plutôt rural, la Corée du Nord est souvent confrontée à des pénuries alimentaires. En juillet dernier, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation a d’ailleurs préconisé une hausse des livraisons alimentaires à cause d’une sécheresse dans le pays. Preuve de la récurrence du problème, même dans les années sans sécheresse, plus de 40% de la population souffre de sous-alimentation, selon l'ONU. La crise a atteint son apogée à la fin des années 1990, quand une famine a fait plusieurs centaines de milliers de morts.


En outre, le Nord souffre de pénuries chroniques d'énergie. Ce qu'illustrent de manière éclatante les images satellites nocturnes du pays, qui apparait comme un quadrilatère obscur pris en sandwich entre une Chine et une Corée du Sud qui brillent de mille feux. Par conséquence, les panneaux solaires sont omniprésents sur les balcons de Pyongyang. Les supermarchés vendent un modèle de 35 watts pour l'équivalent de 45 dollars, accessible pour bon nombre des habitants privilégiés de la capitale. Les étudiants, eux, lisent le soir à la lueur des lampadaires, selon un reporter de l’AFP qui était récemment sur place. D'après la Banque mondiale, à peine un Nord-Coréen sur trois a accès au courant.

Des peine sévères pour ceux qui appellent des proches ayant fui à l'étranger

Pour bien comprendre à quoi ressemble la vie dans ce pays vivant à huit clos, deux architectes ont recréé l’intérieur d’un appartement nord-coréen. Conçu pour la biennale d’urbanisme de Séoul en septembre dernier, ce projet – basé sur des photos récupérées par les auteurs sur Internet et au cours de leurs études – l’espace de 36 mètres carrés a été aménagé avec des meubles et des objets identiques à ceux qu’on retrouve à Pyongyang. Un mur est ainsi dédié à l’affichage de portraits officiels des dirigeants.

A Pyongyang, rares sont ceux parmi les trois millions d'habitants à disposer d'une voiture, et le bus est de loin le moyen de transport le plus populaire. Un billet coûte la très modique somme de 5 wons (moins de 10 centimes d'euro sur le marché libre des changes). Coté nouvelles technologies, les Nord-Coréens n’ont, pour la majorité, pas accès à Internet ni aux réseaux sociaux. Ils ont en revanche la possibilité de se connecter à un intranet disposant de ses propres moteurs de recherche. A un détail près : celui-ci est rigoureusement surveillé par les autorités. 


Un droit de regard qui concerne également la téléphonie : selon un rapport publié en mars 2016 par Amnesty, le régime inflige des peines sévères, y compris l'internement dans des camps de prisonniers politiques, à ceux qui sont surpris en train d'essayer d'appeler leurs proches ayant fui à l'étranger. Il y a plus de trois millions d'abonnés au réseau de téléphonie mobile intérieur mais les appels internationaux sont totalement bloqués.

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