Corée du Nord : l'étudiant américain libéré dans le coma par Pyongyang est décédé

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RAPATRIEMENT - Après 18 mois de détention en Corée du Nord, l'étudiant américain Otto Warmbier, qui avait été libéré mardi dernier, est décédé ce lundi. Plongé dans le coma depuis plusieurs mois, il avait été pris en charge à Cincinnati, dans l'Ohio, dès son atterrissage. Cette libération intervenait dans un contexte de grandes tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord. Le président Donald Trump a dénoncé la "brutalité" d'un régime.

Il avait été condamné à quinze ans de travaux forcés en Corée du Nord pour avoir volé une affiche dans un hôtel. Otto Warmbier, un étudiant américain âgé de 22 ans, avait été libéré mardi 13 juin, après un an et demi de détention. Dans le coma depuis plusieurs mois, il avait été sorti du territoire par une équipe médicale et avait été rapatrié à Cincinnati, la ville où résident ses parents. 


Ce lundi, sa famille annonce qu'Otto Warmbier est décédé. "C'est notre triste devoir de vous annoncer que notre fils, Otto Warmbier, a terminé son voyage sur Terre. Entouré par sa famille qui l'aime, Otto est décédé aujourd'hui à 14h20 (18h20 GMT) à Cincinnati (Ohio, nord)", a annoncé la famille. Le jeune homme de 22 ans présentait de graves lésions cérébrales, selon ses médecins. "Malheureusement, l'horrible maltraitance sadique dont a été victime notre fils de la part des Nord-Coréens a fait en sorte qu'il n'y ait pas d'autre issue possible que celle à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui", a écrit la famille du jeune homme décédé dans un communiqué.

 Le président américain Donald Trump a présenté lundi soir ses condoléances à la famille Warmbier, condamnant dans un communiqué "la brutalité du régime nord-coréen". "Beaucoup de choses terribles se sont passées. Mais au moins nous l'avons ramené chez lui pour qu'il soit avec ses parents", a également ajouté l'hôte de la Maison Blanche, déterminé "à empêcher que des innocents ne subissent de telles tragédies aux mains de régimes qui ne respectent pas l'Etat de droit ou la décence la plus élémentaire".

Accusé d’avoir arraché une affiche de propagande du régime

En janvier 2016, Otto Warmbier, étudiant de l’université de Virginie, participe à un séjour touristique en Corée du Nord. Quelques heures avant le décollage de son avion pour la Chine, le 2 janvier, il est arrêté à l’aéroport de Pyongyang. La police l’accuse d’avoir arraché une affiche de propagande du régime à l’hôtel de Yanggakdo, où il était hébergé. 


Lors d’un procès qui dure moins d’une heure, Pyongyang le taxe "d'activités hostiles" et de subversion. Il est condamné à 15 ans de travaux forcés. Peu après le verdict, en mars 2016, l'étudiant contracte, selon le Washington Post, une forme de botulisme et se voit administrer un somnifère qui le plonge dans le coma. "Malheureusement, il est dans le coma et on nous a dit qu'il se trouvait dans cet état depuis mars 2016. Nous l'avons appris il y a seulement une semaine", ont affirmé mardi ses parents, Fred et Cindy Warmbier, dans un communiqué cité par la chaîne CNN.

Des explications claires réclamées à Pyongyang

Durant la détention d'Otto Warmbier, la diplomatie américaine avait exhorté la Corée du Nord à le gracier, jugeant cette condamnation excessivement dure. L'étudiant avait finalement atterri ce mercredi à bord d’un avion militaire à Cincinnati, dans l’Ohio où il avait été transféré au centre médical de la ville. 


Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, s’était d'ailleurs refusé à tout commentaire sur son état de santé. De son côté, le négociateur américain Bill Richardson, qui a participé aux pourparlers pour la libération de l'étudiant, a réclamé des explications claires de la Corée du Nord sur "les causes de son coma".


La libération d'Otto Warmbier coïncidait avec l'arrivée en Corée du Nord de l'ex-star américaine du basket Dennis Rodman. Celui-ci effectuait une nouvelle visite controversée auprès de son "ami pour la vie", le dirigeant Kim Jong-Un. Le sportif s'était déjà rendu au moins cinq fois en Corée du Nord. L'administration Trump avait toutefois assuré que Rodman effectuait ce voyage "à titre privé" et qu'il n'avait rien à voir avec cette libération.

Une situation toujours plus tendue entre les États-Unis et la Corée du Nord

Au cours des dix dernières années, la Corée du Nord a détenu au moins 17 ressortissants américains. Trois d’entre eux, Kim Dong Chul, Tony Kim et Kim Hak-Song, sont toujours derrière les barreaux. Mardi, Rex Tillerson a assuré continuer les "pourparlers" avec Pyongyang pour obtenir leur libération. Il a ajouté envisager des sanctions contre les pays qui commercent avec le leader Kim Jong-un.


Depuis quelques mois, les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord sont de plus en plus tendues. Depuis le début 2016, Pyongyang a procédé à des dizaines de tirs de missiles et à deux essais nucléaires avec l'objectif de développer un missile capable de frapper le territoire américain. Mi-avril, un proche conseiller de Kim Jong-un avait menacé l'es États-Unis de "guerre nucléaire" en présantant de nouveaux prototypes de missiles balistiques.

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