Corée du Nord : derrière les élections, l'Etat espion

Corée du Nord : derrière les élections, l'Etat espion

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LEGISLATIVES – Un candidat unique dans chaque circonscription, pour siéger dans une Assemblée d'une seule couleur : les législatives en Corée du Nord se tiennent ce dimanche, dans des conditions très particulières. Un scrutin qui permet surtout au régime de recenser les exilés.

Jamais une élection législative n'aura autant passionné les foules. Du moins en apparence. Les Nord-Coréens se sont presque tous rendus aux urnes, ce dimanche, pour l’élection parlementaire. Loin d'être une pratique démocratique exemplaire, ce scrutin est en fait à l'image du régime de Kim Jong-Un : absolutiste.

D'abord parce qu'un seul candidat, désigné par le parti unique, est autorisé à solliciter les suffrages dans chacune des 687 circonscriptions du pays. Des hommes qui sont élus pour siéger à l'Assemblée suprême du peuple, réunie une ou deux fois par an pour valider les décisions prises par le parti des Travailleurs. Dimanche, les électeurs n'avaient qu'à choisir entre "oui" et "non" en face du nom proposé sur le bulletin de vote. Ces derniers, sur le papier, obtempèrent : en 2009, le taux de participation était de 99,98%, avec un taux d’approbation des candidats à 100%. Dimanche, tout se déroulait comme prévu : 91% des électeurs s'étaient rendus aux urnes en début d'après-midi.

Une méthode pour recenser les exilés

Ensuite parce qu'il était difficile, pour les électeurs, de passer à côté de l'évènement. Si légalement, voter n'est pas obligatoire dans cette dictature, depuis des jours, les médias officiels rappellent le devoir "de tout individu" de se rendre dans les bureaux de vote pour y déposer son bulletin. Le scrutin a en outre été largement promu par la publication de poèmes dans la presse, intitulés par exemple "Flots de l'émotion et du bonheur". Impossible d'y échapper, enfin, même si l'on est malade ou infirme : une urne leur était spécialement apportée à domicile dimanche.

Il faut dire qu'il est plus que mal venu de ne pas participer à cet effort démocratique : ne pas voter, c'est être automatiquement suspecté d'avoir fui à l'étranger. Selon de nombreux observateurs, la tenue de ces élections sert en effet au régime de recensement populaire : des fonctionnaires chargés de l'organisation de l'élection se rendent dans chaque foyer pour s'assurer de la présence ou de l'absence des électeurs inscrits."Une élection permet de révéler la fuite d'un Nord-Coréen en Chine ou en Corée du Sud", explique ainsi New Focus International , un site animé par des réfugiés nord-coréens au Sud. Ainsi, l'an dernier, ce sont plus de 1.500 départs vers la Corée du Sud qui ont été enregistrés.

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