Corée du Nord : vers une guerre inévitable ?

CONFLIT - Dimanche, sur la chaîne de télévision américaine CBS, le sénateur républicain Lindsey Graham a, à son tour, mis en garde la Corée du Nord contre de nouveaux tirs de missiles. Fin novembre, Pyongyang a fait savoir qu'elle était, selon ses données, devenue une véritable puissance nucléaire, après avoir procédé à un nouveau tir qui s'est abîmé en mer du Japon.

Une guerre préventive initiée par Washington afin de se protéger des possibles actions de Pyongyang n'est plus à exclure. C'est ce qu'a laissé entendre dimanche sur CBS le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, homme politique influent à Washington et aux idéaux plutôt modérés. Selon lui, à chaque nouveau tir de missile ou test de bombe nucléaire, la Corée du Nord s'expose au déclenchement d'une guerre par les États-Unis. "S'il y a un test nucléaire souterrain, il faudra se préparer à une réponse très sérieuse de la part des États-Unis", a ainsi prévenu Lindsey Graham.


Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux tenus samedi par le général HR McMaster, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche. Lors d'un colloque sur la défense, celui-ci a déclaré que la probabilité d'une guerre avec Pyongyang "augmentait de jour en jour". "Nous sommes dans une course pour trouver une solution à ce problème", a par ailleurs annoncé  le général. La semaine dernière, la Corée du Nord a procédé à un nouveau tir de missile balistique intercontinental. À la différence des précédents engins, ce missile a atteint une altitude et une distance inédites pour un appareil nord-coréen. À cette occasion, le régime de Pyongyang a fait savoir qu'il était désormais une véritable puissance nucléaire, capable d'atteindre n'importe quel point du territoire américain.

Maîtriser l'ennemi

Des données confirmées par le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, selon lequel les États-Unis sont désormais à portée de la Corée du Nord. La sophistication du missile ICBM tiré le 28 novembre a étonné plus d'un expert en la matière. Toutefois, selon CNN, citant plusieurs de ses sources, la tête de cet engin se serait désintégrée en rentrant dans l'atmosphère. La menace posée par Pyongyang est élevée. Washington et Tokyo ont, dans la foulée du tir, demandé à durcir une nouvelle fois le régime de sanctions appliqué par les Nations-Unies contre la Corée du Nord. Mais la Chine et la Russie sont en désaccord. 


Outre-Atlantique, Lindsey Graham est réputé pour sa connaissance approfondie de la géopolitique et de la politique étrangère. Le sénateur républicain a indiqué sur CBS avoir discuté en détail de la question nord-coréenne avec l'administration de Donald Trump. Selon lui, les équipes du président américain entendent "empêcher la Corée du Nord d'acquérir la capacité de frapper les États-Unis avec un missile à tête nucléaire. Pas seulement de la maîtriser".

"Empêcher cela veut dire une guerre préventive en dernier ressort. Cette prévention devient plus probable au fur et à mesure que leur technologie s'améliore", a précisé Lindsey Graham. "Chaque test de missile, chaque test souterrain d'une arme nucléaire veut dire que le mariage (d'un missile et d'une tête nucléaire, ndlr) est plus probable", a ajouté le sénateur. Pyongyang possède une puissance nucléaire depuis octobre 2006. Elle a procédé à cinq autres tirs depuis, manifestant une accélération dans sa détermination à pouvoir frapper ce qu'elle considère comme "l'ennemi américain". En septembre dernier, le régime a procédé à son tir le plus puissant. Mais les experts restent partagés sur le fait de savoir si Pyongyang est parvenu à miniaturiser l'arme atomique suffisamment pour la mettre sur un missile, comme l'affirme Pyongyang.  

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