Corée du Nord : mais où est passé Kim Jong Un ?

Corée du Nord : mais où est passé Kim Jong Un ?

DICTATURE - Selon un média tenu par des nord-coréens ayant fait défection, le dictateur a été opéré en avril pour des problèmes cardio-vasculaires. Une information prise avec des pincettes par la Corée du Sud.

En Corée du Nord, le 15 avril est synonyme de festivités aux quatre coins du pays. Et pour cause : il s'agit de la date anniversaire de la naissance de Kim Il Sung, le fondateur du régime. Un régime désormais entre les mains de son petit-fils, Kim Jong Un, à la manœuvre ce jour-là pour orchestrer divers hommages. Problème : le dictateur n'est apparu sur aucune photo officielle depuis une semaine. De quoi alimenter les rumeurs sur son état de santé.

En l'occurrence, c'est le Daily NK, un média en ligne géré essentiellement par des Nord-Coréens ayant fui le pays, qui a allumé la mèche. Le site a affirmé que le dirigeant nord-coréen avait été opéré en avril pour des problèmes cardio-vasculaires. Le Daily NK avance même une explication : "La raison du traitement cardio-vasculaire urgent qu'a subi Kim était son tabagisme excessif, son obésité et sa fatigue", dixit une source nord-coréenne anonyme. Depuis, le dictateur serait en convalescence dans une villa dans la province de Phyongan du Nord, toujours selon le média en ligne. L'information du Daily NK s'est alors répandue comme une traînée de poudre, sans qu'une confirmation n'ai pu être apportée. Citant un responsable américain, CNN rapporte que Washington "étudie des informations" selon lesquelles Kim Jong Un est "en danger grave après une opération chirurgicale", sans dire si ces "informations" sont en fait issues de l'article du Daily NK.

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"Nous n'avons rien à confirmer"

De l'autre côté de la frontière, en Corée du Sud, l'heure est à la prudence. "Nous n'avons rien à confirmer et aucun mouvement particulier n'a été détecté en Corée du Nord", a déclaré dans un communiqué un porte-parole de la Maison bleue, la présidence sud-coréenne. L'agence de presse Yonhap a quant à elle cité un haut responsable sud-coréen affirmant, sous couvert de l'anonymat, que les informations selon lesquelles le dirigeant serait gravement malade ne sont "pas vraies". Elle n'a cependant pas expressément démenti que le leader nord-coréen, 36 ans, aurait subi une intervention.  

La Chine, le plus proche allié et le premier partenaire commercial du Nord, s'est refusée mardi 21 avril à tout commentaire sur ces informations. Répondant à une question sur le sujet, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang, a affirmé ne pas savoir qui en était à l'origine. "La Chine et la Corée du Nord sont des pays voisins et amis liés par des montagnes et des rivières", s'est-il borné à souligner.

Seule certitude : ce n'est pas la première fois que "l'absence" de Kim intrigue. En 2014, il n'avait pas été vu pendant six semaines, avant de réapparaître avec une canne. Les services de renseignements sud-coréens cités par Yonhap avaient affirmé qu'il avait subi une opération visant à lui enlever un kyste à la cheville.

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