Corée du Nord : le coup de pression du patron de la diplomatie américaine, "toutes les options doivent rester sur la table"

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CONFLIT - Rex Tillerson a mis la pression vendredi sur la Corée du Nord et a exhorté son allié chinois à isoler économiquement Pyongyang pour qu'il renonce à ses programmes nucléaire et balistique. "Toutes les options en réponse à de futures provocations doivent rester sur la table", a-t-il martelé.

Faire plier le régime de Kim Jong-Un. C'est, en substance, la tonalité du discours prononcé ce vendredi par Rex Tillerson à l'ONU. Le chef de la diplomatie américaine a en effet mis la pression sur la Corée du Nord pour qu'elle renonce à ses programmes nucléaire et balistique. Comment ? Avec le soutien (espéré) de la Chine et en isolement économiquement Kim Jong-un.

Signe de l'urgence du dossier pour les Etats-Unis, dont des territoires comme Hawaï ou la côte nord-ouest pourraient être à portée de missiles nord-coréens, Rex Tillerson a affirmé devant le Conseil de Sécurité de l'ONU que "la menace d'une attaque nucléaire nord-coréenne sur Séoul ou Tokyo était réelle", voire que le régime communiste pourrait un jour "frapper le territoire des Etats-Unis". En conséquence, "toutes les options en réponse à de futures provocations doivent rester sur la table", a-t-il martelé.

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La Chine avance une proposition "sensée et raisonnable"

En outre, Rex Tillerson a souligné la "volonté de contrecarrer l'agression nord-coréenne avec une action militaire si nécessaire", assurant toutefois que les Etats-Unis "préféraient de beaucoup une solution négociée" diplomatiquement. Sur la radio publique américaine NPR vendredi matin, il avait d'ailleurs réitéré une proposition ancienne de dialogue direct avec Pyongyang. Il faut dire que la Corée du Nord s'était engagée à partir de 2003 dans des négociations à Six avec la Corée du Sud, le Japon, la Russie, les Etats-Unis et la Chine. Sauf qes pourparlers avaient capoté en 2009 et l'administration de Barack Obama n'avait cessé pendant huit ans de souffler le chaud et le froid sur le dossier. Le régime nord-coréen en a profité, multipliant ses tirs de missiles balistiques. 

Ces programmes militaires lui ont valu une série de résolutions de l'ONU et une batterie de sanctions internationales. Mais d'après des experts onusiens, ces mesures punitives ont toutefois eu peu d'impact sur Pyongyang. C'est donc naturellement vers la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, que Washington se tourne depuis des années. En marge de son discours, le patron de la diplomatie chinoise devait ainsi rencontrer en tête-à-tête son homologue chinois Wang Yi. Le ministre américain a d'ores et déjà annoncé qu'il attendait "des actions supplémentaires" de Pékin pour contraindre son voisin nord-coréen. 

Pas sûr que cela convienne à Wang Yi. Notamment car la Chine représente 90% des échanges commerciaux nord-coréens… Le chef de la diplomatie chinoise a, une nouvelle fois, mis plutôt en avant la proposition chinoise d'un gel des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, en échange d'un arrêt des exercices militaires entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, liés par un traité d'alliance depuis la Guerre de Corée (1950-53). Pour le patron de la diplomatie chinoise, cette proposition est "sensée et raisonnable" mais les Etats-Unis l'ont plusieurs fois rejetée.

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