Corée du Nord : les étrangers privés de marathon de Pyongyang par crainte d'Ebola

Corée du Nord : les étrangers privés de marathon de Pyongyang par crainte d'Ebola

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EXCLUS - Cette année, les seuls coureurs autorisés à courir le marathon de Pyongyang seront locaux. Le régime de Kim Jong-un a interdit la venue aux centaines d'étrangers inscrits, invoquant... les risques de propagation du virus Ebola.

Pas très sport, Kim Jong-un. La Corée du Nord est l'un des pays les plus fermés au monde, et la compétition n'échappe pas à cette règle. Le jeune dictateur a fait savoir que les étrangers seraient privés de marathon de Pyongyang , prévu le 12 avril prochain. Et la raison est surprenante.

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Plusieurs agences de voyage amenant régulièrement de rares touristes vers la Corée du Nord ont été informés lundi : le marathon se courra uniquement avec des participants locaux... par crainte de propagation du virus Ebola. Selon Koryo Tours, 400 coureurs étrangers étaient déjà inscrits au marathon via cette seule agence, basée à Pékin. La nouvelle est d'autant plus étonnante que l'an dernier, le marathon avait été ouvert aux amateurs étrangers pour la première fois. Auparavant, seuls les athlètes étrangers ayant reçu une invitation pouvait y participer. Quelque 225 coureurs étrangers étaient entrés en Corée du Nord pour prendre le départ de la course en 2014. Un effort rare de la part de la dictature.

Une quarantaine imposée aux touristes

Si la Corée du Nord n'a pas enregistré un seul cas avéré d'Ebola sur son territoire, elle a fermé ses frontières aux touristes dès le mois d'octobre 2014 et imposé une période de quarantaine de trois semaines aux hommes d'affaires et diplomates souhaitant s'y rendre. Les médias nord-coréens avaient alors suggéré que le virus Ebola était en réalité une arme chimique créé par l'armée américaine.

D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus Ebola a tué près de 9.500 personnes depuis sa réapparition en décembre 2013. Ce recensement officiel est sans doute inférieur à la réalité, mais le virus a fait la majorité de ses victimes dans trois pays d'Afrique de l'Ouest, au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone, bien loin, donc, de la Corée du Nord. Depuis plusieurs semaines, la baisse significative de nouveaux cas de la maladie en Afrique de l'Ouest a d'ailleurs poussé les trois pays concernés à rouvrir progressivement les écoles et annuler les couvre-feux en vigueur.

Du reste, ce n'est pas la première fois qu'un virus fait fermer ses frontières à la Corée du Nord. En 2003 déjà, Pyongyang avait interdit l'entrée aux touristes durant plusieurs mois. Le pays estimait ainsi se protéger du virus responsable du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dont l'épidémie apparue en Asie avait fait près de 800 morts dans le monde.

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