Corée du Nord (10/10) : sur quoi repose l’économie du régime de Kim Jong-Un ?

LA CORÉE DU NORD, EPISODE 10/10 - A quoi joue Kim Jong-Un ? En multipliant ses essais militaires au fil des mois, le régime de Pyongyang est devenu un "Etat voyou", selon Donald Trump. Les deux hommes se livrent depuis à une joute verbale aux conséquences imprévisibles. Une crise que LCI vous aide à décrypter à travers une série d'articles. Ici, zoom sur l'économie du pays.

Et si Kim Jong-Un accordait plus d'importance à la réussite de ses entreprises qu'à réduire en cendres les Etats-Unis ? C'est, en substance, ce qui ressort du discours qu'il a prononcé devant le comité central du Parti des travailleurs de Corée, samedi 8 octobre. Un long monologue durant lequel le mot "économie" a été prononcé deux fois plus qu’"armes nucléaires". Une économie qui, malgré les sanctions internationales et les faibles capacités du pays, semble garder la tête hors de l'eau.


Pyongyang ne publie aucune statistique officielle, mais la banque centrale sud-coréenne pense que l'économie du Nord a enregistré en 2016 une croissance de 3,9%. Du jamais-vu depuis près de 20 ans, selon la banque. Comment la dictature en-est-elle arrivé là ? Un simple regard sur les sanctions imposées par la communauté internationale permet de deviner les piliers économiques de la Corée du Nord. Le 2 mars 2016, une résolution du Conseil de Sécurité a interdit les exportations de charbon, de fer et de minerai de fer. Pyongyang a aussi interdiction de vendre de l'or, du titane et des minerais rares utilisés dans la haute technologie et ne pourra plus se procurer de carburant pour l'aviation et pour les fusées. De sanctions visiblement inefficaces, donc.

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COREE : EFFETS DES SANCTIONS

Une réussite pour la stratégie "byungjin" ?

Autre pilier de l'économie nord-coréenne : les travailleurs détachés. Ils seraient 93.000, selon l'ONU. Leur travail - essentiellement sur des chantiers de construction au Moyen-Orient, ainsi qu'en Russie et en Chine - est également une importante source de revenus pour Pyongyang. Par ailleurs, depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un fin 2011, la Corée du Nord tolère de plus en plus les initiatives privées et permet la prolifération de petits entrepreneurs qui font commerce de produits alimentaires ou de biens arrivant de Chine. Une "libéralisation" toute relative qui s'est imposée du fait des carences catastrophiques du régime lors de la famine de la fin des années 1990.


Selon Pyongyang, cette croissance serait le fruit de la stratégie "byungjin", qui signifie "double-poussée" (voir la vidéo ci-dessus). Si ce concept date de 1962, il a été remis au gout du jour par Kim Jong-Un en 2012. Son principe ? Développer simultanément l'économie et les capacités militaires. Economie qui fonctionne en grande partie avec la Chine, puisque quelque 90% du commerce extérieur nord-coréen est à destination de son voisin. La Russie, souvent présentée comme l'autre "grand" allié du régime, est loin derrière, avec 1,2%, selon les chiffres de la banque centrale de Corée du Sud (KOTRA).

Et la France dans tout ca ? Malgré les condamnations à répétition à l'encontre du régime, des échanges commerciaux existent entre les deux pays. Selon le site du Quai d'Orsay, ils sont cependant "limités" mais représentent malgré tout 8,2 millions d'euros en 2016. "Les exportations françaises s’élèvent à 2 millions d'euros, plaçant la Corée du Nord au 200ème rang des clients de la France (0,004% de nos exportations), précise le site. Avant d'ajouter : "Les exportations françaises sont essentiellement composées de biens à destination directe de la population (produits alimentaires et organiques, appareils dentaires et médicaux). La Corée du Nord, 153ème fournisseur de la France, représente 0,002 % de nos importations (10M€ constitués d’appareils mécaniques et électriques, de plastique et de caoutchouc)."

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