Corée du Nord : une nouvelle provocation nucléaire du régime de Kim Jung-Un ce samedi ? Le récit de notre journaliste sur place

International

HAUTE TENSION – La Corée du Nord semble préparer un nouvel essai nucléaire, comme le suggèrent des images satellitaires américaines prises mercredi. Ce test pourrait avoir lieu c samedi pour le 105e anniversaire de la naissance Kim Il-Sung, fondateur du régime et grand-père de l’actuel dictateur Kim Jung-Un. Un événement qui ne serait pas de nature à faire retomber la pression dans la région, alors que les Etats-Unis envisagent déjà une riposte.

Une nouvelle provocation. Dans un contexte exacerbé de crise avec les Etats-Unis, qui ont envoyé la semaine dernière un groupe aéronaval militaire vers la péninsule coréenne, le régime de Kim Jung-Un semble se préparer pour un nouvel essai nucléaire si l’on en croit des images satellitaires prises cette semaine par le groupe 38 North (voir le tweet ci-dessous), qui assure un suivi de la Corée du Nord depuis Washington et fait autorité en la matière. 

Ce nouveau test, qui pourrait avoir lieu ce samedi pour le 105e anniversaire de la naissance Kim Il-Sung, fondateur du régime et grand-père de l’actuel dictateur, constituerait, s’il a lieu, le sixième essai nucléaire de l’histoire du "Royaume ermite". En 2012, à la même date, le régime communiste avait lancé une fusée de longue portée transportant un satellite afin de marquer l'événement. 

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De quoi susciter l’inquiétude. "Il est possible que le Nord se livre à des provocations plus importantes, comme un essai nucléaire synchronisé avec divers anniversaires", a ainsi déclaré le président sud-coréen par intérim, Hwang Kyo-Ahn, qui a ordonné à l'armée d'intensifier la surveillance de son voisin septentrional et de rester en contact étroit avec les Etats-Unis. Une vigilance à la mesure du malaise et des tensions régnant dans la région. 

Et pour cause : si les "gesticulations" nucléaires de la Corée du Nord ne datent pas d’hier, comme nous le rappelait le chercheur Pascal Boniface au moment de la dernière situation de crise, elles n’en demeurent pas moins préoccupantes. Ne serait-ce qu’en raison d’un changement majeur par rapport aux tensions précédentes : l’arrivée de Donald Trump, imprévisible parmi les imprévisibles, aux manettes des Etats-Unis. Bien qu’un conflit armé paraisse improbable selon les experts, l'administration américaine a fait savoir que tout scénario était envisageable, y compris des frappes militaires, comme ce fut récemment le cas en Syrie.

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Jeudi soir, le président américain a de nouveau prévenu que les Etats-Unis allaient s'occuper du "problème" nord-coréen, avec ou sans la Chine. "Les options militaires sont déjà en train d'être étudiées", a de son côté déclaré vendredi un conseiller en politique étrangère de la Maison Blanche, sous couvert d'anonymat, ajoutant s'attendre à ce que Pyongyang procède à un nouveau test, soit de missile balistique soit nucléaire.

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Face à ces incertitudes, la Chine tente tant bien que mal d'appeler les parties prenantes au dialogue, la "seule issue" selon elle. "Un conflit pourrait éclater à tout moment" en Corée du Nord, a averti vendredi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, selon qui quiconque provoquerait un conflit dans la péninsule coréenne "devra assumer une responsabilité historique et en payer le prix".

"La priorité de la Chine, c'est la stabilité régionale", nous explique Antoine Bondaz, chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique. "Un conflit entre la Corée du Nord et les Etats-Unis n'est ni dans son intérêt, ni dans celui du Japon et de la Corée du Sud. C'est pour cela qu'on voit déjà Pékin et Séoul monter au créneau, pour dire que les Etats-Unis ne peuvent pas agir de façon unilatérale, rappelant qu'il y a une alliance entre tous ces pays, avec un contrôle des forces partagé par les Etats-Unis et la Corée du Sud."

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Selon un responsable sud-coréen, l’Empire du Milieu et la Corée du Sud se sont d’ailleurs entendus dès lundi pour prendre des "mesures fortes" contre la Corée du Nord en cas de nouvel essai nucléaire ou de test de missile balistique de Pyongyang. De quoi, peut-être, empêcher Kim Jung-Un de continuer ses provocations. 

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