Corée du Sud : Park Geun-Hye, de fille de dicateur à présidente sur la sellette

Corée du Sud : Park Geun-Hye, de fille de dicateur à présidente sur la sellette

PORTRAIT - La présidente sud-coréenne s'est dite prête mardi à quitter le pouvoir avant la fin de son mandat prévue en 2018. En cause : un retentissant scandale de corruption.

"J'ai commis la faute de ne pas réussir à contrôler mes relations personnelles". Empêtrée dans un gigantesque scandale de corruption, Park Geun-Hye accepterait désormais de à jeter l'éponge. La présidente sud-coréenne s'est dite prête mardi à quitter le pouvoir avant la fin de son mandat, prévue en 2018. Un comble pour celle qui avait été élue sur… un programme de rupture avec le clientélisme qui ronge la politique du pays.

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    Un programme dont elle avait réussi, en 2012, à vanter les mérites en s'appuyant sur son histoire personnelle pour le moins atypique : Park Geun-Hye est la fille de Park Chung-Hee, un dictateur dont le règne brutal sur la "République de Corée" a duré 18 ans, jusqu'à son assassinat en 1979. Sa mère était tombée cinq ans plus tôt sous les balles d'un militant favorable au régime communiste nord-coréen. Sans mari ni enfant, Park Geun-Hye n'entretenait plus de relations avec son frère et sa sœur, et se croyait invulnérable au népotisme. "Je n'ai pas de famille à surveiller, pas d'enfants qui hériteront de mes biens", avait lancé durant un meeting celle qui disait alors vouloir se "consacrer à la Nation et au peuple."  

    "Reine des élections"

    Durant plusieurs années, la politique n'a cependant pas été sa priorité. Sans doute à cause de sa première expérience en la matière : lorsqu'elle étudiait en France en 1974, Park Geun-Hye a été rappelée à Séoul auprès de son père devenu veuf pour jouer le rôle de première dame.

     Après son assassinat, elle quitte la vie publique. Elle ne la retrouvera qu'en 1998, en décrochant un mandat de députée sous l'étiquette du parti Saenuri. Sous sa présidence (2004-2006), ce dernier enregistra une série de victoires dans les urnes qui lui valut son surnom de "Reine des élections". Elle a continué à la "Maison bleue", le siège de la présidence, d'entretenir l'image d'une femme dévouée à la Nation, dînant seule et passant ses rares moments de temps libres en compagnie de ses chiens.

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      On comprend mieux le choc que constitua pour le peuple la révélation de l'influence sur la présidente de sa confidente et vieille amie, Choi Soon-Sil, inculpée depuis pour extorsion et abus. Le parquet de Séoul a affirmé dimanche que la présidente avait joué un rôle de "collusion" dans les activités criminelles de Choi Soon-Sil, qui est notamment accusée d'avoir profité de ses entrées pour soutirer des sommes astronomiques à de grands conglomérats. "Nous espérons voter la destitution cette semaine", a ainsi déclaré Woo Sang-Ho, chef de file au Parlement du Parti démocratique, la principale formation de l'opposition.

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