Coronavirus : accusé d'homicide, le gourou de la secte au cœur de la propagation du virus en Corée du Sud s'excuse

Les abords de l'Eglise Shincheonji de Jésus, où une fidèle est porteuse du coronavirus, désinfectés le 19 février 2020
International

PROPAGATION - Le chef d'un groupe religieux au centre de la propagation du coronavirus en Corée du Sud est accusé d'homicide par le gouvernement de Séoul, qui a porté plainte. Alors, dans une conférence de presse qui se tenait ce lundi, ce gourou s'est mis à genoux et à imploré le pardon du peuple coréen.

Il est responsable de la majorité des personnes infectées. Le chef de l'Église Shincheonji, décrite comme une secte en Corée du Sud, est accusé d'homicide par le gouvernement de la ville de Séoul, qui a déposé plainte contre lui et onze autres dirigeants. Alors, lundi 2 mars, il a tenu à s'excuser. Et ce de façon un brin théâtrale. 

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La plainte cible plus spécifiquement le fondateur du groupe, Lee Man-hee. Celui qui est vénéré comme le "Pasteur promis" par ses adeptes est accusé notamment d'avoir violé loi la sur les maladies infectieuses. Le communiqué de presse de la ville affirme ainsi qu'il a "refusé de se soumettre à un test" et qu'il a omis les noms de certains membres dans une liste soumise aux autorités sanitaires, ce qui équivaut à soumettre "de fausses informations et à entraver le travail du gouvernement".

Résultat : c'est bien cette secte, qui revendique tout de même 120.000 fidèles à l'échelle nationale, qui est au centre de la propagation du virus. C'est à cause d'une fidèle de 61 ans, qui a assisté à quatre cérémonies religieuses alors qu'elle était malade, que Shincheonji est devenue l'un des principaux vecteurs du Covid-19. Selon les autorités sanitaires, 60% des quelque 4200 cas dans ce pays sont liés à ce groupe religieux.

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Des accusations niées par le principal concerné. D'abord de façon assez sobre, à travers un communiqué qui indique que le groupe a bien "coopéré" avec les autorités. Puis de façon plus spectaculaire. Lors d'une conférence de presse à l'extérieur d'une église à Gapyeong, au nord-est de Séoul, le leader de ce mouvement religieux s'est agenouillé, implorant la foule en colère de l'excuser. Au milieu des insultes et des cris de la population, il a déclaré vouloir présenter ses "excuses sincères aux gens", au nom de "tous les membres". La voix tremblante, devant des journalistes venus en nombre, l'homme de 88 ans a assuré que cette propagation "n'était pas intentionnelle" et qu'il avait déployé "tous [ses] efforts" pour la contrer. Mais que rien n'y avait fait, et ce faisant, la "calamité" s'est abattue sur son pays. 

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