Brésil : face à l'ampleur de l'épidémie, la chloroquine généralisée

Brésil : face à l'ampleur de l'épidémie, la chloroquine généralisée
International

CORONAVIRUS - Le ministère de la Santé recommande l'usage de chloroquine et de l'hydroxychloroquine pour les patients légèrement atteints par le Covid-19. Et ce malgré les doutes sur l'efficacité de ces deux molécules.

La méthode Raoult fait des émules aux Amériques. Deux jours après les confessions de Donald Trump – le président américain a annoncé lundi qu'il prenait de l'hydroxychloroquine à titre préventif -, le Brésil succombe à son tour au célèbre médicament. Les autorités recommandent désormais son usage (ainsi que celui de la chloroquine) pour les patients légers. 

Dans ses nouvelles directives, le ministère recommande la prise des deux molécules dès les premiers symptômes, dans le système public de santé, et avec l'accord du médecin, comme du patient. Le protocole du ministère souligne toutefois qu"'il n'existe pas de garantie de résultat positif" et que la chloroquine, un antipaludéen, peut provoquer des effets secondaires "graves" pouvant aller jusqu'à "des défaillances sérieuses de certains organes" et "jusqu'à la mort".

Encore une démission à la Santé

Une mort à laquelle est de plus en plus confronté le pays : le Brésil a enregistré mardi une nette accélération des cas confirmés et des décès (+1179 morts en 24 heures) et déplore déjà 17.971 morts, alors que le pic n'est attendu qu'en juin dans ce pays qui recense plus de la moitié des cas confirmés en Amérique latine et Caraïbes. Le Brésil est devenu le troisième pays au monde en nombre de contaminations derrière les Etats-Unis et la Russie, selon les données du ministère de la Santé. Mais de nombreux experts considèrent les chiffres ministériels très largement sous-estimés, le Brésil manquant cruellement de tests.

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Devant les ravages de l'épidémie, le pays a donc décidé d'élargir la diffusion des deux molécules. Et ce, bien que l'efficacité n'en ait été prouvée par aucune étude scientifique irréfutable et alors même que la chloroquine peut avoir de graves effets secondaires, cardiaques notamment. Des doutes balayés d'un revers de la main par Jair Bolsonaro : le président a rappelé, lors d'une interview diffusée sur internet, que son homologue américain Donald Trump avait lui-même décidé de prendre chaque jour un comprimé d'hydroxychloroquine, à titre préventif.

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La chloroquine a néanmoins été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour le ministre brésilien de la Santé Nelson Teich, médecin en poste depuis seulement quatre semaines. Il a démissionné vendredi en raison des pressions exercées par le président. Depuis, le ministère de la Santé n'a pas de ministre, en pleine phase aiguë de la pandémie. Et Jair Bolsonaro a indiqué mardi qu'il prolongeait l'intérim du général Pazuello pour l'instant.

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