Coronavirus : comment l'Europe se protège-t-elle de l'épidémie en Italie ?

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CORONAVIRUS - Alors que l'Italie est devenu un des principaux foyers de l'épidémie virale de Covid-19 dans le monde, les autres pays de l'Union européenne prennent des mesures d'urgence pour lutter contre la propagation du virus.

En quelques jours, l'Italie est devenu le plus grand foyer de l'épidémie du nouveau coronavirus en Europe, avec près de 300 cas de contamination confirmés. Face à la propagation rapide du virus dans ce pays de l'Union, ses voisins proches et moins proches renforcent les mesures politiques et sanitaires pour s'en protéger. Le Parlement européen a aussi demandé à tous ceux qui se sont rendus dans les régions italiennes affectées de ne pas sortir pendant 14 jours.

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La Bosnie et plusieurs autres pays d'Europe ont officiellement demandé aux citoyens qui se sont récemment rendus en Italie ou en Chine de rester chez eux. Le Royaume-Uni a même élargit cette demande en priant les voyageurs revenant des zones touchées d'Italie, de Chine, de Corée du Sud et d'Iran, de s'isoler à domicile, d'éviter tout contact humain direct et d'informer les autorités. Les autorités britanniques ont aussi conseillé à ceux qui arrivent des "régions proches des zones touchées" de faire de même s'ils développent des symptômes.

Les citoyens français revenant des régions italiennes touchées par l'épidémie ont également été invités à éviter "toutes les sorties non essentielles" pendant deux semaines après leur retour et à garder leurs enfants à la maison. L'idée est d'éviter une propagation dans les écoles, qui ferait exploser le nombre de contaminés. Par ailleurs, les circulations entre l'Italie et notre pays sont particulièrement surveillées. Lundi, un bus parti d'Italie a été bloqué à Lyon en raison d'une suspicion de coronavirus à bord, finalement infondée.

Plusieurs Etats ont aussi conseillé à leurs citoyens de ne pas se rendre dans les régions touchées d'Italie, notamment l'Autriche, la Hongrie, l'Ukraine et la Roumanie.

Roumanie, Ukraine, Croatie : contrôles sanitaires aux frontières

La Roumanie justement, fait partie des pays les plus prudents. Des couloirs spéciaux de débarquement pour les voyageurs arrivant des zones à risque ont été mis en place dans les aéroports. Leur température y est contrôlée, et une douzaine de personnes en provenance des onze villes italiennes visées par les mesures sanitaires officielles ont déjà été placées en quarantaine.

La température des passagers en provenance d'Italie est également prélevée en Hongrie, aux aéroports de Budapest et de Debrecen. L'Ukraine a mis en place à son tour des contrôles de la température des voyageurs, à son aéroport de Kiev et à sa frontière terrestre avec la Hongrie, où arrivent des minibus depuis l'Italie. Ukraine International Airlines a par ailleurs demandé à son personnel de bord de porter des gants et des masques en caoutchouc sur les vols depuis ou vers l'Italie.

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En République Tchèque, l'aéroport de Prague a prévu des "mesures d'hygiène accrues" et à Varsovie, le personnel médical monte directement à bord des avions en provenance d'Italie pour vérifier la température des passagers avant de les autoriser à débarquer en Pologne. La Croatie, enfin, a annoncé que les personnes revenant des zones italiennes touchées par le virus seront interrogées par la police des frontières et par des épidémiologistes. Tous les voyages scolaires du pays ont aussi été annulés pour les 30 prochains jours.

La Finlande et le Danemark, sans prendre de mesures effectives, ont mis à jour leurs conseils aux voyageurs, invitant les citoyens à faire preuve d'une "extrême prudence" lorsqu'ils se trouvent en Italie et à informer les services consulaires de leurs projets de voyage. Le Danemark a cependant réservé 8 millions de couronnes (107 000 euros) au fonds de crise de l'OMS pour lutter contre le coronavirus.

Bulgarie, Autriche : entrave aux déplacements

En Suède, l'Agence de santé a pour sa part refusé d'instaurer des contrôles dans les aéroports "inefficaces" et nécessitant selon elle beaucoup de ressources, car les personnes infectées peuvent ne pas présenter de symptômes. Le pays a donc elle aussi alloué 40 millions de couronnes (3,8 millions d'euro) à l'OMS, pour aider les pays en ayant besoin à faire face avec la propagation du virus.

Conscients du risques, certains pays ont alors préféré couper temporairement les liaisons avec l'Italie plutôt qu'imposer des contrôles. Bulgaria Air, la compagnie aérienne nationale bulgare, a annulé toutes ses liaisons entre Sofia et Milan jusqu'au 27 mars, sans dévoiler le nombre de vols concernés. L'Autriche a arrêté le trafic ferroviaire au col du Brenner ce week-end et a annoncé la possibilité de nouvelles fermetures temporaires des frontières en cas de suspicion.

En France, malgré l'inquiétude des riverains frontaliers avec l'Italie et la demande de plusieurs politiques, la fermeture des frontières entre les deux pays n'est pas encore à l'ordre du jour. En effet d'après l'Organisation Mondiale de la Santé, des mesures extrêmes seraient contre-productives. "Il a été dit et réitéré très clairement que les restrictions aux voyages et au commerce ne sont pas recommandées par l'OMS", a déjà souligné son porte-parole Christian Lindmeier. "Comme l'ont montré d'autres situations, notamment avec Ebola, quand les gens veulent voyager, ils le font. Et si les frontières officielles sont difficiles d'accès, ils trouveront d'autres points de passage informels" et échapperont ainsi aux contrôles.

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