"Enormément de gens renoncent aux soins : dans les hôpitaux de New York, des médecins français témoignent

"Enormément de gens renoncent aux soins : dans les hôpitaux de New York, des médecins français témoignent
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ÉPIDÉMIE – Des patients dans la cafétéria faute de place, du matériel qui manque… A New York aux Etats-Unis, le système hospitalier est au bord de la rupture. La pandémie de coronavirus menace de le submerger.

Avec près de 430.000 cas confirmés, les Etats-Unis sont le pays le plus touché par l’épidémie de Covid-19. Deux jours de suite, le pays vient d'enregistrer le pire bilan journalier dans le monde depuis le début de la crise, avec deux fois près de 2.000 morts en 24 heures. Plus qu’ailleurs encore, les hôpitaux de New York, principal foyer de l’épidémie sur le sol américain, arrivent à saturation. 

A l’hôpital Maimonides, dans le quartier de Brooklyn, les patients continuent d’affluer chaque jour. Faute de place, ils sont désormais presque collés les uns aux autres. Au service cardiologie où travaille le Dr Sarah Rosanel, une alarme résonne chaque fois que le cœur d’un patient s’arrête. Déjà 170 décès sont à déplorer dans cet hôpital. "On entend ça toute la journée, c’est déprimant", témoigne la Française.

Un bandana s'il n'y a pas assez d'équipements

Déprimant également, le manque de matériel : l’équipement que Sarah Rosanel porte provient de dons. "Les autorités médicales nous disent que si on n’a pas assez d’équipements on peut utiliser un bandana, chose qui est révoltante", raconte-t-elle. Son hôpital fait encore face, mais dans d’autres établissements, la situation est terrible, comme le lui ont raconté des amis médecins : "Ils n’ont plus de respirateurs, ils n’ont plus d’oxygène, ils n’ont plus de médicaments pour garder les patients endormis donc c’est très très dur."

Dans la ville qui ne dort jamais, la cardiologue non plus n’a presque plus droit aux repos : elle travaille parfois 24 heures à la suite, malgré la fatigue. Son service n’accueille plus que des patients Covid-19, tous dans un état grave.

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A l’hôpital universitaire de Brooklyn, un autre établissement, les lits des patients sont en train d’être installés dans la cafétéria, à défaut d’autre lieu où les mettre. "Beaucoup de gens sont des personnes âgées qui ne sont pas sorties de chez elle depuis deux à trois semaines et qui n’ont vu que leurs petits-enfants, qui sont venus passer un peu de temps avec elles", explique Julien Cavanagh, neurologue et chef des internes.

Ici 10% des patients admis ne sont pas sauvés. "Énormément de gens renoncent aux soins, même à New York, et attendent d’être très malades", souligne le Français. Il est alors parfois trop tard pour eux. Les chiffres s’affolent à New York, où l’on compte déjà près de 4.000 morts.

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