Face à la deuxième vague, la Suède revoit (en partie) sa stratégie

Face à la deuxième vague, la Suède revoit (en partie) sa stratégie

VOLTE-FACE - Confrontée à une hausse des cas et des décès, liés au Covid, la Suède a pris des mesures "très intrusives" et "sans précédent", qui contrastent avec son modèle utilisé jusqu'ici. Elle prévoit notamment la limitation des rassemblements publics à huit personnes, du jamais vu, même lors de la première vague.

La Suède a-t-elle fait fausse route ? Alors qu'elle a jusqu'alors mené une stratégie moins stricte qu'ailleurs en Europe face à la pandémie de Covid-19, en privilégiant l'immunité collective, le pays scandinave se résout lui aussi à prendre des restrictions. La Suède, confrontée à une flambée de contaminations, a annoncé lundi 16 novembre pour la première fois limiter les rassemblements publics à huit personnes maximum, même si la mesure est loin d'avoir une portée absolue. La nouvelle jauge, jusque-là fixée à 50 voire 300 personnes suivant les cas, sera appliquée pendant un mois à compter du 24 novembre. 

Avec la fin des visites en maisons de retraites entre avril et octobre, la limitation des rassemblements a été l'une des rares interdictions décidées par les autorités nordiques. Jamais lors de la première vague de mars-avril, cette limite n'était passée sous les 50. Cette mesure "très intrusive" et "sans précédent", mais "nécessaire", doit permettre de faire baisser la courbe du nombre d'infections au coronavirus, a justifié le Premier ministre suédois Stefan Löfven, soulignant que l'épidémie allait "continuer à s'aggraver". Vendredi dernier, date de la dernière publication des chiffres, près de 6000 cas - un nouveau record quotidien - et 42 décès supplémentaires ont été annoncés, portant le total à plus de 177.000 cas et 6164 morts.

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Une "recommandation" plus qu'une interdiction

"N'allez pas à la salle de sport, n'allez pas à la bibliothèque, ne faites pas de dîners, ni de fêtes. Annulez !", a exhorté le chef du gouvernement lors de cette conférence organisée en ligne. L'interdiction est toutefois encore loin de signifier la fin de l'exception suédoise : en pratique, elle ne vaut essentiellement que pour les événements sportifs et culturels, ou les manifestations. Restaurants et bars continueront à pouvoir accueillir plus de huit personnes - mais pas plus de huit par table. Les établissements scolaires et les magasins ne sont pas non plus concernés. Dans la sphère privée, cette dernière est aussi une "recommandation" et pas une interdiction stricto sensu. "Faites votre devoir", a lancé Löfven à ses compatriotes.

Un léger, mais notable, changement de pied dans la stratégie atypique de la Suède, qui a jusqu'ici privilégié une stratégie sanitaire sans masque, ni confinement, ni fermeture de commerces. Le royaume de 10 millions d'habitants avait appelé sa population à limiter les contacts et à télétravailler autant que possible. Ces "recommandations" y ont valeur de règles mais ne sont pas assorties de mesures coercitives ni de sanctions, en dehors principalement de la jauge des rassemblements publics.

Face à la deuxième vague, les autorités ont déjà introduit le mois dernier des recommandations régionales plus strictes, consistant à limiter les contacts hors du foyer et éviter les lieux clos. Elles concernent désormais l'essentiel du pays, en raison d'une remontée des cas, et au plus récent retour des cas graves. L'exécutif a aussi annoncé la semaine dernière interdire la vente d'alcool à partir de 22 heures, jusqu'en février. Mais se refuse toujours au confinement... pour l'instant.

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