Covid-19 : Trouver le vaccin, c'est comme détenir "une arme nucléaire au plan géopolitique"

Covid-19 : Trouver le vaccin, c'est comme détenir "une arme nucléaire au plan géopolitique"
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ENQUETE - Depuis le début de l'épidémie de Covid-19 en décembre dernier, la recherche d'un vaccin est devenu un enjeu majeur pour les grandes nations, aussi bien d'un point de vue sanitaire, économique et diplomatique.

Les laboratoires du monde entier travaillent sans relâche pour trouver un vaccin contre le Covid-19, qui a fait à ce jour plus de 650.000 morts pour presque 17 millions de personnes contaminées. Des lignes de production ont même déjà été lancées, sans garantie de réussite, et des essais cliniques ont démarré à grande échelle depuis ces six derniers mois, avec un enjeu sanitaire, diplomatique et économique colossal.

Si le candidat vaccin américain Moderna entre dans sa troisième et dernière phase de test, la Chine est néanmoins en pole position grâce à la firme Sinovac. L'entreprise a ainsi entamé son sprint final, avec un vaccin qui porte même déjà un nom : le Coronavac. "Nous travaillons jour et nuit pour développer le vaccin contre le Covid-19. Nous avons trois groupes de travail par équipe, pour produire 24h/24. Ce qui veut dire que nous perdons pas une minute pour le développement" explique Meng Weining, le directeur des affaires internationales de Sinovac.

"Faire en quelques mois ce qui normalement prend 10 ans, 20 ans.- Vincent Hingot, directeur des affaires industrielles chez Sanofi Pasteur.

Sur 192 candidats vaccins, 25 sont actuellement en essai clinique sur l’homme, dont 5 en phase 3, la plus avancée. Américains, Chinois et Britanniques ont d'ailleurs lancé la semaine dernière des campagnes de vaccination d’envergure sur des milliers de volontaires au Brésil, en Afrique du Sud ou aux Emirats arabes unis.

Egalement sur les rangs, mais distancé, le Français Sanofi, avec plusieurs vaccins en cours de développement. Pour arriver à ses fins, il a réorganisé toute sa chaîne de production à vitesse grand V.  "La demande mondiale est tellement importante qu’il faut fournir le plus possible de vaccins en un temps record. Je rappelle néanmoins que nous essayons de faire en six à huit mois ce qui normalement prend 10 à 20 ans" explique à TF1 Vincent Hingot, directeur des affaires industrielles  chez Sanofi Pasteur.

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Pour lancer des centaines de millions de doses, dont certaines seront jetées en cas d’inefficacité, les industriels ont besoin de la participation financière des Etats. Là aussi, une course s’est engagée. Et sur ce terrain, Donald Trump a réagi le premier, avec près de 10 milliards de dollars engagés, dont un chèque d'1,6 milliard de dollars à destination de la compagnie Novavax, dans le cadre de l’opération Warp Speed. Cela garantit aux Etats-Unis la priorité des 100 millions de premières doses en cas d'efficacité prouvée. 

Face à cette force de frappe américaine, l’Europe a tardé à s’organiser, avec un investissement moindre. La France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas ont cependant fini par créer une alliance pour financer l’achat de doses, en misant sur plusieurs vaccins. "Au-delà de son importance sanitaire, ce vaccin est devenu l’équivalent d’une arme nucléaire en terme d’importance stratégique, d’importance géopolitique, d importance de sécurité et de souveraineté nationale" indique à TF1 Frédéric Bizard, économiste de la santé. 

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Cela s'apparente aussi à un coup de poker pour les Etats :  certains perdront définitivement les milliards investis si les vaccins sur lesquels ils ont parié ne sont pas validés. Et le risque est de taille :  jusqu’à cette crise, aucun laboratoire n’a réussi à mettre au point un vaccin contre ce type de virus.

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