Coronavirus : l'Allemagne accuse Donald Trump d'avoir tenté de s'approprier un vaccin

Coronavirus : l'Allemagne accuse Donald Trump d'avoir tenté de s'approprier un vaccin
International

VACCIN - Des millions de dollars pour avoir accès à un potentiel vaccin contre le Covid-19. C'est ce que Donald Trump aurait proposé à un laboratoire allemand. Le vaccin aurait été "seulement pour les Etats-Unis". L'information, révélée dimanche 15 mars par le quotidien allemand Die Welt, a été confirmée par le gouvernement d'Angela Merkel.

L'Allemagne "n'est pas à vendre". Le gouvernement d'Angela Merkel a accusé dimanche soir Donald Trump d'avoir tenté de s'approprier un projet de vaccin contre le Covid-19 développé par un laboratoire allemand, et prévenu qu'il ferait tout qu'il soit développé en Europe.

Cette information, confirmée par deux ministres allemands, a été révélée le même jour par le quotidien allemand Die Welt (article en allemand). Le président américain aurait tenté de faire main basse sur le laboratoire en lui proposant une très grosse somme d'argent. Le sujet doit être abordé lundi par le "comité de crise" du gouvernement chargé de piloter la lutte contre l'épidémie de coronavirus, qui a touché à ce jour en Allemagne près de 5000 personnes et fait 12 morts.

Bras de fer

Au centre du bras de fer : le laboratoire allemand CureVac, situé à Tübingen dans le sud-ouest du pays. Il est un de ceux dans le monde qui travaillent sur un vaccin contre le Covid-19, en bénéficiant de subventions du gouvernement allemand. Il affirme être "à quelques mois" de pouvoir présenter un projet pour validation clinique.

Selon le journal allemand, le président américain, Donald Trump, essaie d'attirer à coups de millions de dollars des scientifiques allemands travaillant sur ce potentiel vaccin ou d'en obtenir l'exclusivité pour son pays en investissant dans l'entreprise. Ce vaccin serait alors "seulement pour les Etats-Unis", a affirmé au journal une source proche du gouvernement allemand.

Un représentant gouvernemental américain, interrogé dimanche par l'AFP, a estimé que cette affaire était "grandement exagérée". Parlant sous couvert de l'anonymat, il a indiqué que Washington avait parlé à plus de 25 laboratoires pharmaceutiques et assuré que "toute solution qui viendrait à être trouvée serait partagée avec le reste du monde".

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Le laboratoire a refusé les avances américaines

Si le laboratoire a refusé les propositions américaines, le départ surprise le 3 mars du PDG de la société allemande aux Etats-Unis, personnellement invité par Donald Trump, sème le trouble. Ce dernier était convié à discuter  d'"un développement rapide d'un vaccin contre le coronavirus", selon un communiqué de ce laboratoire. C'est en interne que la résistance allemande  s'est organisée face aux vélléités américaines. 

Le ministre allemand de l'Economie s'est ainsi félicité de la "décision formidable" de CureVac de refuser les avances de la Maison Blanche. Un responsable de l'entreprise, Franz-Werner Haas, a confirmé pour sa part l'intérêt de Washington mais a affirmé qu'il n'y avait pas eu d'"offre d'achat". 

Le président du parti libéral allemand (FDP), Christian Lindner, s'en est lui pris directement à Donald Trump. "En période électorale tous les moyens sont bons manifestement pour le président américain", soucieux de s'assurer la gloire du premier vaccin, a-t-il dit. "La lutte contre le coronavirus est une tâche qui concerne l'humanité toute entière, il n'y a pas de place pour l'égoïsme", a-t-il ajouté.

"Il faut à tout prix empêcher la vente exclusive d'un éventuel vaccin aux Etats-Unis, il y a des limites au capitalisme", lui a fait écho un responsable du parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale allemande, Karl Lauterbach. Berlin a jugé "très important de pouvoir produire des vaccins en Allemagne et en Europe", et prévenu qu'il pouvait mettre son veto à des projets d’investissement dans des entreprises nationales jugées stratégiques.

"Le gouvernement a la possibilité d'examiner de près des acquisitions d'entreprises allemandes par des Etats étrangers, surtout s'il en va des intérêts de sécurité de l'Allemagne et de l'Europe", a averti le ministère de l'Economie.

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