Coronavirus : comment l'Uruguay et le Paraguay, pays limitrophes du Brésil, échappent-ils à l'épidémie ?

Coronavirus : comment l'Uruguay et le Paraguay, pays limitrophes du Brésil, échappent-ils à l'épidémie ?
International

ÉPARGNÉS - L'Uruguay et le Paraguay recensent un faible nombre de cas de coronavirus et de décès, loin des chiffres très alarmants du Brésil, leur pays voisin. Comment sont-ils parvenus à repousser la pandémie jusqu'alors ?

Sur le continent sud-américain, non-loin du deuxième pays le plus touché par la pandémie dans le monde, le Brésil, deux nations semblent avoir échapper au coronavirus : l'Uruguay et le Paraguay. Moins de 1.000 des 3,5 millions d'Uruguayens ont officiellement été touchés par le Covid-19, et 23 décès ont été recensés.

Début juin, le Paraguay comptait lui 1.087 malades, pour 11 morts. Pourtant, ces deux pays partagent chacun une frontière avec le Brésil, qui recense à ce jour près de 54.000 morts, et plus de 1,1 millions de personnes infectées. Comment expliquer une telle différence ?

Une campagne de tests massive

En premier lieu, le nombre de tests PCR réalisés a été particulièrement important. "La clé de notre succès a été une réponse rapide en détectant et en isolant les cas", indique Rafael Radi, l'un des principaux conseillers du gouvernement uruguayen, dans des propos rapportés par The Guardian. Selon le média britannique, l'Uruguay est d'ailleurs le quatrième pays au monde en nombre de tests effectués par nouveaux cas confirmés (1.610 tests par nouveau cas), contre 52 pour les États-Unis, à titre de comparaison.

Et le pays sud-américain ne s'est pas contenté de dépister les personnes symptomatiques et les cas contacts des patients positifs, contrairement à la France. L'Uruguay a en effet mis en place des campagnes pour tester "des blocs de villes aléatoires" et des "secteurs d'emploi critiques", affirme The Guardian. Au total, plus de 57.000 personnes ont été testées, soit un peu plus de 1,6% de la population uruguayenne.

Des mesures précoces

Troisième continent à être touché par la pandémie après l'Asie et l'Europe, l'Amérique a également pu se préparer à l'arrivée du Covid-19. Ainsi, le gouvernement paraguayen a été l'un des premiers à mettre en place des mesures de confinement, dès le 10 mars, alors que seuls deux cas avaient été découverts dans le pays. "La distanciation physique et la phase de confinement ont été couronnés de succès lorsque nous analysons les données", assure l'épidémiologiste Antonio Arbo, ancien ministre de la Santé.

"La fermeture des frontières" également, continue-t-il. Ces deux pays, limitrophes avec le Brésil, ont en effet restreint la circulation avec le plus grand pays du continent. Le Paraguay a militarisé plusieurs secteurs de la frontière brésilienne, et imposé une quarantaine obligatoire à ses citoyens de retour du Brésil. La moitié des cas positifs au Paraguay concerne d'ailleurs des personnes de retour du Brésil, toujours selon The Guardian.

Lire aussi

Les villes limitrophes avec le Brésil particulièrement scrutées

L'Uruguay n'est pas en reste, même si le Brésil représente "une épée de Damoclès", avertit Rafael Radi, tant le millier de kilomètres de frontières que les deux pays partagent peut présenter un danger pour les Uruguayens. Surtout, certaines parties de la frontière sont largement peuplées. "Notre plus grande préoccupation est la ville de Rivera, où la frontière n'est qu'une ligne imaginaire au milieu d'une avenue" séparant les deux pays, poursuit-il.

Si l'État uruguayen teste massivement à Rivera, ce n'est pas le cas du Brésil dans la ville voisine de Santana do Livramento. "Une femme uruguayenne a traversé l'avenue pour faire du shopping à Livramento, y a attrapé le virus, puis s'est rendue jusqu'à Montevideo", la capitale de l'Uruguay, raconte Rafael Radi. "Nous avons eu beaucoup de travail pour retracer toutes ses interactions."

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières informationsLes pays les plus touchés par le Covid-19

Cette situation a de quoi inquiéter les autorités. Le docteur Carlos Schaerer, chef d'une association médicale au Paraguay, prévient : "s'il y a une explosion de la maladie, nous allons être impuissants, parce que nous ne sommes pas préparés".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent