États-Unis, Brésil, Allemagne... Toujours sporadiques, les manifestations anti-confinement se multiplient

Une manifestante anti-confinement devant le capitole de Columbus (Ohio) aux États-Unis.

CONFINEMENT - Alors que plus de la moitié de la population mondiale est appelée à restez chez elle, plusieurs mouvements anti-confinement émergent malgré les recommandations des autorités.

"La vaccination, c'est du terrorisme". En Allemagne, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis samedi à Berlin pour un rassemblement non autorisé pour protester contre les mesures de confinements mises en place pour enrayer la propagation du Covid-19 dans le pays. 

Une manifestation illégale puisque les règles de distanciation sociale n'ont pas été respectées par les manifestants qui pour la plupart ne portaient pas de masques. Certains même n'ont pas hésité à se rapprocher des forces de l'ordre et brandir des banderoles contenant des messages conspirationnistes. Des échauffourées ont alors eu lieu entre manifestants et policiers et plusieurs personnes ont été interpellées. 

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières infos sur l'épidémieA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

L'Allemagne va permettre ce lundi la réouverture de la plupart des magasins d'une surface inférieure à 800 mètres carrés. Avec plus de 135.000 cas officiellement recensés et environ 4.000 décès, la pandémie est en Allemagne "sous contrôle et gérable", a estimé vendredi le ministre de la Santé,Jens Spahn.

Des rassemblements qui se multiplient aux États-Unis

Les manifestations se sont multipliées depuis huit jours outre-Atlantique dans les Etats américains pour dénoncer un confinement jugé excessif. La plupart des rassemblements se sont limités à quelques centaines de personnes - l'un d'eux, dimanche à Chicago a même fait un flop, avec à peine trois voitures de manifestants. Mais une manifestation mercredi à Lansing, dans le Michigan, a réuni quelque 3.000 personnes.   

Donald Trump a à sa façon encouragé ces manifestations. Vendredi, il avait appelé à "libérer"  trois Etats gérés par des gouverneurs démocrates: le Michigan, le Minnesota et la Virginie. Samedi, après une dizaine de manifestations anti-confinement au New Hampshire, en Californie, au Texas, au Maryland ou encore dans l'Ohio, le président américain a estimé que "certains gouverneurs étaient allés trop loin". 

Le gouverneur démocrate de l'Etat de Washington, Jay Inslee, a déploré sur ABC la "schizophrénie" des messages envoyés par le gouvernement fédéral. "Avoir un président qui encourage à violer la loi, je n'ai jamais vu cela en Amérique. Et c'est dangereux". Des commentaires dénoncés y compris par des gouverneurs républicains. Larry Hogan, gouverneur républicain du Maryland, théâtre d'une manifestation samedi, a estimé qu'"encourager les gens à manifester contre un plan sur lequel vous venez de faire des recommandations, cela n'a pas de sens". 

Lire aussi

Au Brésil, le président aux côtés des manifestants

Le président brésilien Jair Bolsonaro est allé soutenir dimanche des manifestants qui, ne respectant pas les règles de confinement, se sont massés devant le quartier général de l'armée à Brasilia pour réclamer une intervention militaire et la fermeture du Congrès. "Nous ne voulons rien négocier", a lancé le président d'extrême-droite, debout à l'arrière d'un pick-up, aux manifestants agglutinés, brandissant des pancartes appelant à "l'intervention militaire avec Bolsonaro".

Le chef de l'Etat minimise la létalité du virus qu'il qualifie de "gripette", promeut les rassemblements, et s'est exprimé à plusieurs reprises en faveur de la réouverture des commerces et des écoles. "Vous devez lutter pour votre pays. Comptez sur votre président pour faire le nécessaire afin que nous puissions garantir la démocratie et ce qui nous est le plus cher, notre liberté", a lancé le président brésilien.

Ces manifestants réclament l'application d'une loi qui a imposé en 1968 la fermeture du Congrès et supprimé de nombreux droits constitutionnels. "Je suis ici car je crois en vous et vous êtes ici car vous croyez au Brésil", a hurlé le président à quelques mètres de distance de la foule. Des enfants, des personnes âgées, quelques personnes portant des masques, se trouvaient aux premiers rangs du cortège qui a attiré environ 600 personnes. 

Jair Bolsonaro critique constamment les dirigeants du Congrès, les gouverneurs et le maires qui défendent la politique de confinement et de distanciation sociale visant à enrayer la propagation du coronavirus qui a fait plus de 2.300 victimes et infecté plus de 36.000 personnes dans le pays.

Sur le même sujet

Lire et commenter