Toujours en soins intensifs, Boris Johnson respire sans assistance

Boris Johnson toujours en soins intensifs
International

URGENT - Testé positif au Covid-19 il y a une dizaine de jours, le Premier ministre britannique Boris Johnson est en soins intensifs depuis le lundi 6 avril. Il a reçu de l'oxygène, mais respire sans assistance.

Toujours inquiétant, l'état de santé de Boris Johnson reste stable. Le Premier ministre britannique, testé positif au Covid-19 il y fin mars, et admis lundi 6 avril en soins intensifs au lendemain de son hospitalisation dans le centre de Londres, respire sans assistance. Il avait reçu de l'oxygène, avait indiqué Michael Gove, le numéro 2 du gouvernement britannique, mardi 7 avril au micro de la BBC. Placé "sous étroite surveillance", il n'avait toutefois "pas été placé sous respirateur", a précisé le ministre. Il s'agit d'un "traitement standard à l'oxygène et respire sans aucune assistance. Il n'a pas eu besoin de ventilation mécanique ou d'aide respiratoire non invasive", a expliqué plus tard dans la journée le porte-parole du 10, Downing Street.

Lundi 6 avril, ce dernier avait informé la presse qu'"au cours de l'après-midi, l'état de santé du Premier ministre s'est détérioré et, sur le conseil de son équipe médicale, il a été transféré au service des soins intensifs de l'hôpital. [...] Le Premier ministre a demandé au ministre des Affaires étrangères Dominic Raab de le remplacer là où nécessaire".

Après avoir été diagnostiqué positif au Covid-19 le 27 mars, Boris Johnson, 55 ans, seul chef d'Etat ou de gouvernement d'une grande puissance à avoir été contaminé, l'autre étant le prince Albert II de Monaco, avait été admis dimanche soir à l'hôpital Saint-Thomas pour subir des examens, selon ses services, en raison de la persistance de symptômes de la maladie, notamment la fièvre. Selon une source gouvernementale, Boris Johnson reste "conscient" et son transfert, intervenu vers 19 heures (heure locale), a été décidé "par précaution au cas où il aurait besoin d'un respirateur".

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Dominic Raab n'a pas pu parler à Boris Johnson

Cette annonce intervient au lendemain de l'entrée à l'hôpital de l'homme fort du Royaume-Uni. "Aucune information médicale n'avait filtré aujourd'hui, il y a même eu ce tweet de Boris Johnson dans la journée : 'j'ai le moral, je vais bien'", explique Brigitte Garambois, correspondante TF1 et LCI à Londres. "Mais nous avons également appris que Dominic Raab n'avait pas pu lui parler, sans doute le signe que Boris Johnson n'allait pas bien dès hier (dimanche)."

Lors d'un point presse ce lundi, le ministre britannique des Affaires étrangères avait indiqué que le Premier ministre avait passé une "nuit tranquille", qu'il gardait "bon moral" et continuait "à diriger le gouvernement". LUn signal qui se veut rassurant et réitéré ce mardi par le porte-parole du gouvernement. "On nous a expliqué que son état n'avait pas empiré, mais qu'il avait été transféré à l'hôpital parce que ses symptômes persistaient après 10 jours de confinement", rappelle Brigitte Garambois. "Cette information saisit le Royaume-Uni. Beaucoup de Britanniques commençaient à se demander le Premier ministre était capable de diriger le pays. Ils ont leur réponse."

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Macron lui souhaite "de surmonter cette épreuve"

Le Premier ministre britannique a reçu ce lundi soir le soutien du président français Emmanuel Macron. "Tout mon soutien à Boris Johnson, à sa famille et au peuple britannique dans ce moment difficile", a indiqué dans un tweet le président de la République. "Je lui souhaite de surmonter cette épreuve rapidement." 

Le ministre français des Affaires étrangères s'est lui dit convaincu que le Premier ministre britannique allait "surmonter cette épreuve". "Je sais sa force, je suis convaincu qu'il va puiser dans ses ressources, qui sont grandes", a-t-il dit sur BFMTV. "C'est aussi le symbole de la gravité de la crise, qui touche tout le monde." Donald Trump, de son côté, a souhaité ses "voeux de rétablissement" à son "bon ami" Boris Johnson, à qui il a envoyé ses leaders pharmaceutiques. Vladimir Poutine lui a également envoyé ses voeux de rétablissement, convaincu que "l'énergie, l'optimisme et le sens de l'humour" du très conservateur Premier ministre le tireraient de l'ornière du covid-19.

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Plus de 55.000 personnes ont été testées positives au Covid-19 au Royaume-Uni, devenu l'un des pays d'Europe les plus violemment touchés, et 6200 en sont mortes, selon un dernier bilan. Parmi les cas positifs figure également le prince héritier Charles, désormais guéri après avoir développé des symptômes légers du virus. Il a retrouvé lundi son épouse Camilla, testée négative au Covid-19 mais qui était restée confinée 14 jours par précaution. Face à l'ampleur de la crise, la reine Elisabeth II, 93 ans, s'est adressée dimanche aux Britanniques pour les encourager à faire front et leur insuffler un message d'espoir. Cette allocution hors protocole, la quatrième seulement en 68 ans de règne, a été vue par plus de 23 millions de téléspectateurs.

Critiqué pour avoir tardé à prendre la mesure de la situation, le gouvernement a bâti en catastrophe des hôpitaux de campagne pour soulager un système de santé débordé, promis de décupler les tests qui manquent cruellement et débloqué des sommes gigantesques pour répondre au marasme économique et social.

Depuis l'annonce de sa maladie, Boris Johnson continuait à diriger la riposte du gouvernement en quarantaine, depuis son appartement de Downing Street, d'où il postait des messages vidéos sur Twitter appelant ses compatriotes à rester chez eux. Le journal The Guardian affirmait ce lundi que "Johnson était plus gravement malade que lui ou ses fonctionnaires n'étaient prêts à l'admettre, et a été vu par des médecins inquiets de sa respiration". Certains commentateurs jugeaient ainsi que le chef du gouvernement aurait dû se reposer.

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