Bruxelles durcit son contrôle des exportations de vaccins, AstraZeneca visé

L'UE veut de faire pression sur AstraZeneca pour un accès équitable au vaccin.

FORTIFICATIONS - Après avoir exhorté AstraZeneca à honorer ses commandes de vaccins, l'UE a adopté, mercredi 24 mars, un durcissement du contrôle des exportations des doses fabriquées sur son sol.

"Nous avons l'option d'interdire toute exportation prévue", avait mis en garde, samedi 20 mars, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, si l'Union européenne ne recevait pas d'abord ses livraisons du vaccin AstraZeneca. Après avoir brandi ostensiblement cette menace, la Commission européenne a adopté, ce mercredi 24 mars, un durcissement du contrôle des exportations de vaccins anti-Covid fabriqués sur son sol. L'objectif est notamment de faire pression sur le laboratoire suédo-britannique et le Royaume-Uni pour un accès équitable aux précieux flacons.

Le projet de modification du règlement, consulté mardi 23 mars dans la soirée par l'AFP, constate que certains pays bloquent les exportations de doses vers l'UE "soit par la loi, soit par des arrangements contractuels ou autres, conclus avec des fabricants de vaccins". L'exécutif européen "adoptera une révision du mécanisme de transparence et d'autorisation des exportations" de vaccins, avait annoncé plus tôt dans la journée un porte-parole de l'institution, lors d'une conférence de presse. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

La décision a pour objectif d'augmenter l'approvisionnement en vaccins de l'Union européenne et sera au menu jeudi du sommet en visioconférences des Vingt-Sept, alors que le continent affronte une troisième vague de la pandémie de Covid-19. La Commission entend durcir les conditions d'exportation de doses vers les pays qui produisent eux-mêmes des vaccins anti-Covid - une mesure ciblant le Royaume-Uni - mais également vers ceux dont les populations sont déjà largement vaccinées.

L'UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni entre le 1er février et la mi-mars, mais à l'inverse, elle n'a reçu aucune dose produite sur le sol britannique - alors que le contrat signé par AstraZeneca prévoyait la livraison de doses produites dans deux usines au Royaume-Uni. Le laboratoire suédo-britannique entend livrer à l'UE au deuxième trimestre environ 70 millions de doses, contre 180 millions prévues dans le contrat initial.

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AstraZeneca : l'Europe tape enfin du poing !

"Dans ce pays, nous ne croyons pas aux blocages de vaccins ou de composants de vaccins, quels qu'ils soient", a réagi mardi le Premier ministre britannique Boris Johnson. "Ce n'est pas une voie dans laquelle le pays rêve de s'engager et je suis encouragé par certaines des choses que j'ai entendues sur le continent qui vont dans le même sens." Des discussions sont en cours entre Bruxelles et Londres pour trouver un compromis, notamment sur les débouchés d'une usine produisant l'AstraZeneca aux Pays-Bas. "Les doses manquantes d'AstraZeneca ont généré un grave problème (...) La Commission ne va pas rester spectatrice (...) nous allons agir", a affirmé devant les eurodéputés Sandra Gallina, directrice générale de la Santé à la Commission.

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La France "soutient" le durcissement

Fin janvier, Bruxelles a institué un mécanisme obligeant, avant toute exportation de vaccins hors UE, d'obtenir le feu vert de l'État membre concerné. Cette décision doit ensuite être confirmée par la Commission. En sept semaines, seule une demande d'exportation (d'AstraZeneca vers l'Australie) a été bloquée. Le dispositif révisé visera aussi à éviter qu'une entreprise "contourne" une interdiction, en faisant transiter par un autre pays les doses bloquées, a précisé une source.

Le projet de texte de la Commission prévoit ainsi de suspendre la liste des pays concernés par des exemptions, en dehors d'une poignée de micro-États comme San Marin, Andorre et les Îles Féroé. "Il ne s'agit pas d'une interdiction" indiscriminée, a insisté cette source, alors que l'Irlande, entre autres pays, a exprimé son opposition à tout "blocage" complet des exportations. La Belgique et les Pays-Bas ont appelé à la prudence, la France et l'Allemagne ont fortement soutenu le durcissement.

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