"Il n’est quasiment plus possible de sortir de la ville" : témoignage d'un Français de Pékin

"Nous revenons deux mois en arrière", affirme le président de l'association Francophone "pékin accueil"
International

TÉMOIGNAGE - Quelques jours après la découverte de plus d’une centaine de cas à Pékin, la situation se tend dans la capitale chinoise, où des confinements localisés sont mis en place. Olivier Mourot, président de l’association "Pékin Accueil", témoigne pour LCI.

"En termes de mesures de contrôles et de restrictions, la situation évolue très rapidement." Depuis quelques jours, à Pékin, le temps semble avoir fait un bon de six mois en arrière. Peu touchée durant la première vague de la pandémie, la capitale chinoise vit depuis une semaine une résurgence de l’épidémie. Plus de 130 personnes ont été testées positives au coronavirus ces derniers jours, après que des traces du virus ont été retrouvées sur des planches à découper du saumon, dans le marché de Xinfadi, au sud-ouest de la ville de 21 millions d’habitants.

Depuis, le quotidien des Pékinois est bouleversé. Ce mercredi, la situation s’est encore accélérée. "Le stade d’alerte sanitaire a été relevé au niveau 2 sur toute la ville", explique à LCI Olivier Mourot, président de l’association "Pékin Accueil". Depuis mardi, "les écoles et universités sont à nouveau fermées, et près de 1.400 vols intérieurs ont été annulés sur les deux aéroports". "Il n’est donc quasiment plus possible de sortir de la ville, puisque les trains sont également à l’arrêt."

"Nous n’avons plus le droit de sortir"

Outre les transports, les loisirs sont également restreints. "De nombreux bars et restaurants ont été fermés sans aucun préavis", affirme Olivier Mourot. "La police arrive et tout le monde doit sortir immédiatement pour une fermeture administrative jusqu’à nouvel ordre."

Lire aussi

Toutefois, toute la ville ne subit pas les mêmes contraintes. "Pour le moment, il y a 11 quartiers bouclés, et aucun nouveau" depuis hier. Lola habite à quatre kilomètres du marché de Xinfadi. Mardi, elle racontait à LCI s’être fait tester, comme tous les habitants de son quartier. Depuis ce mercredi, elle est désormais confinée chez elle. "Dans ma zone, nous n’avons plus le droit de sortir", nous confie-t-elle. Pour se ravitailler, elle est même dans l’obligation de commander. "Ils nous livrent tout en 30 minutes."

"Nous ne voyons pas le bout du tunnel"

Mais la propagation du virus ne se résume pas aux zones confinées, assure le président de "Pékin Accueil". "De nouveaux cas apparaissent en dehors des zones de confinement. Dans ce cas, les autorités ne bouclent pas le quartier mais mettent en quarantaine les habitants voisins sur un rayon de 500 mètres à 1 kilomètre", explique-t-il. "Au bureau, une collègue a été rappelée par son comité de quartier afin de rentrer chez elle pour se mettre à l’isolement pendant 14 jours avec sa famille !"

Les autorités demandent à ceux qui le peuvent de privilégier le télétravail, mais ne veulent pas confiner l’ensemble de la ville. "Un blocage complet serait désastreux en termes d’image aux yeux du monde entier et au niveau de l’économie", estime Olivier Mourot.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Le président d’association s’inquiète également pour le moral des ressortissants français. "Leur moral est en baisse", assure-t-il. "Nous ne voyons pas le bout du tunnel, alors que la situation était quasiment revenue à la normale il y a deux semaines." Et de tirer la sonnette d'alarme : "Nous constatons de plus en plus de situations de détresse, avec des personnes qui ont déjà tout perdu, sans possibilité de rentrer en France."

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent