Coronavirus : "Nous ne pensions pas que cela prendrait de telles proportions", des Français de Wuhan racontent leur quotidien en quarantaine

Coronavirus : "Nous ne pensions pas que cela prendrait de telles proportions", des Français de Wuhan racontent leur quotidien en quarantaine
International

Toute L'info sur

Coronavirus : l'épidémie meurtrière qui inquiète la planète

CORONAVIRUS - La ville de Wuhan, épicentre de l'épidémie de Coronavirus "2019-nCOV" est en quarantaine depuis mercredi 22 janvier. Une mesure prise pour tenter d'enrayer l'épidémie. Près de 500 cas ont d'ores et déjà été recensés dans cette mégalopole où résident des Français. Ils nous racontent ce quotidien sous cloche.

Ils vivent sous cloche. Depuis mercredi, la ville de Wuhan a été placée en quarantaine, ce mercredi 22 janvier. Une mesure prise pour "stopper la diffusion de l'épidémie". Cette ville de la province du Hubei en Chine est considérée comme l'épicentre de l'épidémie de coronavirus qui a fait plusieurs morts et contaminé plus de 500 personnes, inquiétant la planète toute entière.  Cette métropole de 11 millions d'habitants vit ainsi repliée sur elle-même. Tous les transports en commun en partance ou à destination de Wuhan sont suspendus. Plus rien n'entre ni ne sort de la ville, "sans raison spécifique", pour reprendre les termes du Quartier général chargé de la lutte contre l'épidémie localement. Une situation inédite et parfois un peu pesante pour  les Français expatriés à Wuhan avec qui nous avons discuté. 

Nous ne pensions pas que cela prendrait de telles proportions"- Hans, un habitant de Wuhan

Hans réside à Wuhan depuis deux ans. Il travaille dans l'industrie automobile. Pour lui et sa famille, la situation s'est réellement accélérée ces dernières heures : "Avant nous en parlions comme d'un phénomène anecdotique, nous ne pensions pas que cela prendrait de telles proportions". La mise sous quarantaine de la ville lui semblait "impensable" jusqu'à hier. Et pourtant. Son entreprise l'a encouragé à faire du télétravail et rappelle quotidiennement les normes d'hygiène. "Le groupe prend cette situation très au sérieux. En plus du rappel quotidien, il est demandé de faire un 'check-in', pour indiquer à son manager que tout va bien", raconte-t-il. 

Lundi déjà, alors que la mesure de quarantaine n'avait pas encore été mise en place, il explique qu'une "bonne partie des employés portaient des masques, au bureau". "Un principe de précaution", tempère-t-il. Depuis l'instauration de cet isolement, il vit chez lui, confiné. Hors de question d'aller faire des courses : "J'ai cru comprendre que c'était un peu la panique dans les supermarchés, mais de mon côté, j'ai préféré ne pas sortir pour éviter tout contact externe. Ce n'est pas le moment de s'attrouper", estime-t-il. Alors avec sa femme, ils ont décidé de vivre sur leurs stocks de nouilles, de pâtes et de produits surgelés : "Sans se montrer alarmiste, il faut reconnaître qu'on va devoir se rationner, en fonction de l'évolution de la situation". En cette période de vacances, c'est donc loin de sa belle-famille qui réside à 800 km de Wuhan, qu'il fêtera le Nouvel An. 

Lire aussi

Des supermarchés qui se vident, des prix qui augmentent

Pour Elvire* c'est un "petit sentiment de peur" qui prédomine en raison de l'incertitude et des informations qui leur parviennent à elle et son mari. "Au début, nous trouvions que les autorités ne partageaient pas suffisamment d'informations", dit-elle. "Il n'y a pas de transport, la ville est vide. Tout le monde est parti retrouver sa famille", dit-elle. Christine* vit à Wuhan depuis plusieurs années. Pour elle, le calme de la ville s'expliquerait plutôt par la période de vacances. "Certains avaient déjà quitté Wuhan avant la mise en quarantaine, pour le Nouvel An chinois, comme tous les ans", estime-t-elle. 

Si Hans a préféré ne pas sortir de chez lui pour éviter tout attroupement, Elvire* nous explique qu'en ce début de mise sous quarantaine, "les supermarchés ont commencé à se vider et les prix ont beaucoup augmenté dans certains quartiers de la ville". Elle nous explique également que son mari est allé faire quelques courses et qu'à l'entrée du supermarché, où il ne restait quasiment plus rien dans les étals, des "gardes ont pris sa température". Christine fait état de scènes similaires : "Les gens se sont rués dans les supermarchés ce matin pour faire le plein. Il nous a fallu aller dans plusieurs magasins pour faire les courses". 

Le plus dur, c'est pour les enfants"- Christine, expatriée à Wuhan

Voir aussi

Ce qui préoccupe Elvire ? Un retour en France prévu dans deux semaines et un visa qui expire d'ici peu, "comment serons-nous reçus à l'extérieur... si nous parvenons à partir ?", s'interroge-t-elle. Et de préciser que "la situation [la] stresse beaucoup". Elle nous glisse en rigolant que "certaines de ses connaissances ont l'impression d 'être dans un film de science-fiction". Des films d'ailleurs, elle en a fait un stock "pour tuer le temps". 

Christine elle, préfère prendre ça avec le sourire et attendre. "Le plus dur c'est pour les enfants mais on n'a pas le choix. On continue comme si de rien n'était et on évite de sortir. On espère juste que cela ne durera pas trop longtemps. En plus le temps n’est pas idéal : il pleut", dit-elle. 

*Les prénoms ont été changés

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent