Nouveaux cas de Covid-19 à Pékin : d’où viennent ces soupçons sur le saumon ?

Nouveaux cas de Covid-19 à Pékin : d’où viennent ces soupçons sur le saumon ?
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INQUIÉTUDE - Après la découverte de plus d’une centaine de cas de coronavirus à Pékin, le saumon se retrouve au cœur des préoccupations. De quoi faire douter les spécialistes.

Après la chauve-souris et le pangolin, voici le saumon. Suite à la découverte de plus de 130 personnes positives au coronavirus à Pékin, la Chine s’interroge sur la façon dont le Covid-19 a de nouveau été importé sur son territoire, après deux mois sans nouvelle détection. Les soupçons tournent autour du saumon. Alors que la plupart des personnes contaminées ont un lien avec le marché de Xinfadi, au sud-ouest de la ville, des traces de coronavirus y ont été découvertes, précisément sur des planches servant à découper du saumon d’importation.

Depuis, alors que la ville de 21 millions d’habitants s’est refermée sur elle-même, les ventes de saumon ont chuté. La Norvège, qui a exporté l’an dernier 23.500 tonnes de saumon en Chine, a même dû affirmer ce mercredi que son produit n’était pas à l’origine de la flambée des cas. Des responsables chinois et norvégiens se sont d’ailleurs rencontrés mardi et ont conclu que l’origine du foyer de contamination n’était vraisemblablement pas le saumon norvégien.

"Extrêmement peu probable"

Mais pour certaines grandes chaînes de supermarché en Chine, il est déjà trop tard. Wumart et Carrefour ont par exemple supprimé le saumon de leurs étals et le Centre des produits de la mer de Norvège, organisme chargé de promouvoir les ventes de poisson norvégien, a fait état de l’annulation de plusieurs commandes.

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Pourtant, selon des experts, il y a peu de chances que le saumon ait été vecteur de la maladie. "Je pense que c’est improbable", a déclaré à l’AFP Bjorn Olav Kvamme, chef de la section maladie et infection de l’Institut norvégien de recherches marines. "J’aurais tendance à penser que l’infection n’émane pas du saumon mais qu’il s’agit plutôt d’une contamination du produit ou des outils par des personnes", a-t-il ajouté, en soulignant toutefois l’absence d’études sur l’aptitude du poisson à propager le virus.

Un constat partagé par Jean-Claude Manuguerra, responsable de la Cellule d’intervention biologique d’urgence à l’Institut Pasteur. "Le passage d’un virus comme celui-ci du poisson à l’homme serait une grande première, c’est extrêmement peu probable d’un point de vue virologique et physiologique", affirme-t-il à LCI. Selon lui, "ce serait plutôt l’environnement autour du saumon" qui pourrait être responsable de la propagation, avec une contamination de l’homme "sur l’emballage ou à l’intérieur".

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Cette hypothèse semble également privilégiée en Chine. Wu Zunyou, épidémiologiste en chef du Centre de contrôle et de prévention des maladies, a indiqué que le coronavirus découvert sur les planches à découper "ne suffit pas à certifier qu’il provient de produits de la mer d’importation". Le virus a très bien pu "provenir d’une personne contaminée" a-t-il affirmé, dans des propos rapportés par l’AFP.

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