Ces mesures radicales prises par la Corée du Nord pour lutter contre le coronavirus

Ces mesures radicales prises par la Corée du Nord pour lutter contre le coronavirus

ÉPIDÉMIE - Officiellement, aucun cas du nouveau coronavirus n'a été détecté sur le sol nord-coréen. Mais le régime a déployé une flopée de mesures pour se protéger. Notamment car son système de santé ne permettrait pas d'enrayer une épidémie.

La Corée du Nord l'assure : elle est le seul voisin de la Chine où le nouveau coronavirus ne s'est pas encore propagé. Mais à quel prix ? Depuis plusieurs semaines, le régime a musclé - encore une fois - son contrôle de la population, verrouillant ses frontières et vérifiant l'état de santé de ses citoyens. Une stratégie qui ne doit rien au hasard, le pays ne disposant pas d'infrastructures sanitaires capables de répondre à une épidémie.

Après avoir suspendu les liaisons aériennes et ferroviaires, Pyongyang a renforcé ses mesures ces derniers jours. Elle interdit notamment les visites de touristes et a imposé une quarantaine de 30 jours pour les personnes soupçonnées d'être porteuses du virus. En interne, Pyongyang a lancé une "campagne antivirus", rapporte l'agence officielle KCNA, au travers notamment d'opérations de porte-à-porte pour vérifier l'état de santé des habitants. Mais aussi des tournées réalisées par des camionnettes rappelant par haut-parleurs les consignes d'hygiène. Des responsables portant des masques ont été montrés en train de tenir des réunions d'urgence, de même que des employés désinfectant les lieux publics.

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Les étrangers, eux, sont la cible des restrictions les plus drastiques, puisqu'une quarantaine à domicile est imposée à tous les résidents qui ne sont pas nord-coréens depuis début février. Les diplomates n'ont même plus le droit de se promener dans les rues de la capitale. L'Ambassade est "privée de courrier diplomatique (...) nous ne réussissons plus à obtenir les médicaments et autres fournitures pour notre poste de premiers secours", a raconté à l'agence russe Tass l'ambassadeur de Russie. Les employés de l'ambassade ne sont autorisés à sortir de ce complexe au cœur de la capitale que pour emmener leurs déchets vers une décharge. "Des spécialistes coréens désinfectent immédiatement notre camion dès qu'il passe le portail de l'ambassade", a ajouté l'ambassadeur.

Apparu en Chine en décembre, le nouveau coronavirus y a tué plus de 2.700 personnes. Il s'est propagé à de nombreux pays, y compris en Corée du Sud qui vient de connaître une hausse rapide du nombre de contaminations. La Corée du Nord, elle, continue de soutenir qu'elle est le seul voisin de la Chine où le virus ne s'est pas propagé. Mais les craintes sont, une fois n'est pas coutume, palpables dans les rangs du régime. Le Rodong Sinmun, organe officiel du Parti des travailleurs au pouvoir, a averti qu'un seul cas de coronavirus sur le sol nord-coréen pourrait avoir des "conséquences désastreuses" et demandé à la population de redoubler de prudence, et d'éviter de se rassembler dans les lieux publics, y compris les restaurants. 

Une autorisation exceptionnelle pour acheminer du matériel médical

Si Pyongyang joue la carte de la vigilance, c'est qu'une infection au nouveau coronavirus serait synonyme  de chaos sanitaire. La Corée du Nord, soumise à de multiples sanctions économiques internationales en raison de ses programmes d'armement nucléaire et de missiles balistiques, a en effet une infrastructure médicale faible. Les hôpitaux souffrent par exemple d'une alimentation irrégulière en eau et en électricité et de pénuries chroniques de médicaments. 

Preuve que la menace est bien réelle, la Croix-Rouge a indiqué lundi avoir obtenu une exemption des sanctions de l'ONU pour acheminer du matériel médical sur place. Le temps presse : selon le bureau de l'ONU pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha), il manque à la Corée du Nord "des médicaments essentiels", des matériels pour les laboratoires, "des équipements médicaux, thérapeutiques et diagnostiques et des fournitures pour des interventions sanitaires critiques et urgentes". Dans l'index 2019 de la sécurité sanitaire mondiale établi par un centre de recherche de l'université américaine Johns-Hopkins, la Corée du Nord arrivait au 193e rang sur 195 pays, devançant seulement la Somalie et la Guinée équatoriale.

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