Coronavirus : En Iran, le vice-ministre de la Santé et un parlementaire testés positifs

Ali Rabiei, porte parole du gouvernement iranien et Iraj Harirchi, lors de la conférence de presse

CONTAMINATION - En moins de 24 heures, l'Iran a confirmé que plus de 90 personnes étaient atteintes du coronavirus dont deux hommes politiques : le vice-ministre de la Santé et un parlementaire. Le dernier bilan fait état de 15 morts, soit le plus élevé après la Chine.

En Iran, le nombre de morts dus au coronavirus poursuit son escalade. A ce jour, il fait état de 15 personnes décédées, tandis que 90 malades ont été recensés. Il s'agit du bilan le plus élevé après la Chine. Parmi ces malades, deux hommes politiques de premier plan ont annoncé avoir été testés positifs au coronavirus. Il s'agit du vice-ministre iranien de la Santé Iraj Harirchi et de Mahmoud Sadégui, un parlementaire réformiste. 

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J'ai aussi été infecté par le coronavirus- Iraj Harirchi

C'est au cours d'une conférence de presse donnée à Téhéran lundi 24 février, que le vice-ministre de la Santé est apparu affaibli, fébrile, toussant et s'essuyant le front. Au cours de celle-ci, il avait démenti l'information d'un député selon laquelle cinquante personnes avaient perdu la vie des suites de l'épidémie de pneumonie virale à Qom, une ville sainte du centre du pays d'où le virus est parti en Iran. Il avait promis de démissionner si ce chiffre était confirmé. 

Ce mardi, c'est dans une vidéo diffusée par la télévision d'Etat qu'il fait l'annonce de sa contamination. "J'ai aussi été infecté par le coronavirus", a-t-il dit, semblant avoir tourné lui-même la vidéo. "J'avais de la fièvre la nuit dernière et les tests préliminaires se sont révélés positifs vers minuit", a-t-il ajouté. "Je me suis isolé depuis (...) après mon dernier test, j'ai commencé un traitement", a-t-il encore dit. "Je voulais vous dire que (...) nous vaincrons ce virus dans les prochaines semaines", a-t-il conclu, avertissant que le virus pouvait infecter n'importe qui, "sans discrimination".

Sur Twitter, Alireza Vahabzadeh, conseiller média du ministre de la Santé, a confirmé cette information : "Le test sur M. Harirchi, vice-ministre de la Santé, qui était sur les lignes de front face au coronavirus, s'est révélé positif". 

Reste que si les officiels iraniens affirment que l'épidémie est sous contrôle, le porte-parole du gouvernement qui apparaît aux côtés d'Iraj Harirchi a assisté, quant à lui, à une autre conférence de presse, avec d'autres hauts responsables du gouvernement, dont un ministre, malgré les risques de contagion. 

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L'autre homme politique atteint du coronavirus est un parlementaire réformiste, Mahmoud Sadégui. Dans un tweet, il indique avoir été testé positif. "J'envoie ce message mais j'ai peu d'espoir pour ma survie", a alarmé ce député sortant dans un tweet quelques jours après les élections législatives.

La mise en quarantaine n'est pas envisagée, c'est une "vieille méthode"

Il a profité de l'occasion pour appeler la justice à accorder une permission de sortie aux détenus emprisonnés sur des accusations politiques ou sécuritaires pour qu'ils puissent "faire face à cette épidémie auprès de leur famille". Selon le ministère de la Santé, la plupart des cas déclarés en Iran concernent des personnes qui s'étaient récemment rendues à Qom. 

Cette ville n'a pas encore été mise en quarantaine, le ministre de la Santé estimant que la mise en quarantaine était "une vieille méthode". "Nous pensons que les gens sont assez informés pour se retenir de voyager depuis des villes touchées vers d'autres endroits", a-t-il déclaré selon l'agence semi-officielle Isna.

L'OMS reporte sa mission en Iran

Du côté de l'OMS, la propagation du virus dans le pays inquiète. Une mission de l'Organisation mondiale de la santé, qui devait se rendre ce mardi en Iran, est toujours prévue mais à une date ultérieure, a indiqué l'OMS. L'envoi de cette mission avait été annoncé par le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui avait exprimé son inquiétude face à la progression de l'épidémie dans ce pays, ainsi qu'en Italie et en Corée du Sud. Cette mission doit être conduite par le directeur régional de l'OMS basé au Caire.

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