Coronavirus : en Tunisie, des salariés se confinent dans leur entreprise pour fabriquer des masques

Coronavirus : en Tunisie, des salariés se confinent dans leur entreprise pour fabriquer des masques
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COVID-19 - Des dizaines d'employés, des femmes pour la plupart, se sont enfermées avec de quoi vivre afin de continuer à fabriquer des masques et protections pour les soignants luttant contre le nouveau coronavirus.

Fonctionner en vase clos pour éviter tout risque de contamination : c'est la décision prise par 150 employés en Tunisie pour continuer à travailler ces jours-ci. Il faut dire que leur entreprise joue un rôle crucial dans la lutte contre le coronavirus : Consomed fabrique en effet des masques et des protections pour les soignants.

"Nous sommes les seuls à fabriquer pour les hôpitaux tunisiens : on ne peut pas prendre le risque de contaminer l'usine", a expliqué le directeur, Hamza Alouini, dont le carnet de commandes déborde. Son usine est devenue le principal site de production du pays et l'un des plus importants en Afrique pour les masques, charlottes, combinaisons stériles et autres protections. Autant d'équipements devenus stratégiques depuis que la Chine - principal producteur de masques au monde - en a interdit l'exportation, suivie par plusieurs pays, dont la Tunisie depuis quelques semaines.

"On ne pourra pas tenir plus d'un mois"

Pour empêcher toute contamination par le nouveau coronavirus et donc toute interruption de la production, 110 femmes et 40 hommes travaillent, mangent et dorment dans les 5000 m2 d'entrepôts. Parmi eux : un médecin, des cuisiniers et le directeur. Sur les réseaux sociaux, l'entreprise a publié une vidéo montrant les ouvrières entrant le 20 mars dans l'usine avec valises et sacs, après un contrôle de température.

Sur les 240 employés, payés en moyenne 800 dinars par mois (270 euros), au-dessus du salaire minimum, 150 ont répondu à l'appel. Ils travaillent "sur la base du volontariat", a précisé le directeur, les autres ayant des engagements ou responsabilités de famille ne leur permettant pas de s'isoler. Les véhicules livrant les matières premières ou les produits alimentaires sont désinfectés, leurs chauffeurs priés de rester à l'intérieur avec les vitres fermées, et tous les objets sont décontaminés, selon les normes strictes exigées par les certifications internationales obtenues par l'usine.

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Selon la direction, plusieurs dispositions ont été prises pour améliorer le quotidien à huis clos : un dortoir pour les hommes, différents dortoirs pour les femmes selon les services, un espace pour jouer au football, aux cartes… L'objectif ? Tenir un mois "On ne pourra pas faire plus", a de toute façon prévenu le directeur. Et pour cause : l'entreprise n'aura pas la trésorerie pour continuer cette opération coûteuse. Et poursuivre ce confinement pourrait avoir un impact sur le moral des employés. En attendant, leur sacrifice tombe à pic : le pays a détecté 173 cas du nouveau coronavirus depuis début mars, dont cinq décès selon le ministère de la Santé.

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