Espagne : face à la reprise de l'épidémie, des parents refusent d'amener leurs enfants à l'école

Espagne : face à la reprise de l'épidémie, des parents refusent d'amener leurs enfants à l'école
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COVID-19 - De nombreux parents ont fait le choix en Espagne de ne pas remettre leurs enfants en classe. Les autorités envisagent de sévir.

L'Espagne face à la seconde vague. Avec 7000 à 8000 cas détectés quotidiennement, le pays est confronté à une recrudescence du coronavirus, entraînant l'adoption par les autorités de nombreuses mesures de restriction. Une ambiance pesante pour de nombreuses familles, qui ont décidé à l'heure de la rentrée scolaire de garder leurs enfants à la maison.

La situation est particulièrement sensible à Madrid, considérée comme l'épicentre de l'épidémie. Pour endiguer cette dernière, les autorités ont adopté un protocole stricte pour tenter d'empêcher les contagions au sein des établissements et obligent les enfants à porter le masque à tout moment dès 6 ans. Les enseignants de la capitale, eux aussi, n'ont pas été épargnés : la semaine dernière, les autorités régionales - compétentes en matière d'éducation – les ont tous appelés à se faire tester. Autant de décisions qui confortent certains parents dans leur rejet de la rentrée.

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Ils sont d'ailleurs nombreux, depuis des semaines, à manifester et faire des pétitions à travers tout le pays pour demander plus de garanties sanitaires dans les écoles. D'après une enquête internationale de l'institut Ipsos, l'opinion espagnole est à contre-courant de ses voisins européens : une majorité de sondés en Espagne est en faveur d'une diminution du nombre de jours de cours présentiels, et un quart préférerait attendre "entre 4 et 6 mois" avant de renvoyer les enfants à l'école.

Face à l'inquiétude, les autorités jouent la carte de l'apaisement. "Les écoles sont bien plus sûres que les autres endroits même s'il n'y a pas de risque zéro dans une épidémie", a ainsi insisté la semaine dernière le chef du gouvernement Pedro Sanchez, "mais il y a un risque que nous devons éviter : l'exclusion sociale". "Les enfants ne peuvent pas vivre dans des bulles", a plaidé l'épidémiologiste en chef du ministère de la Santé, Fernando Simon. "Ils peuvent aussi bien attraper (le virus) au parc, ou quand ils vont voir leurs cousins ou par leur père qui s'est contaminé au travail".

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Pour autant, des sanctions ne sont pas exclues vis-à-vis des familles réfractaires. Le responsable de l'éducation de la région de Madrid a ainsi mis en garde fin août contre une possible peine de "un à trois ans de prison". "C'est la question que l'on nous pose le plus en ce moment", a expliqué à l'AFP Pedro Caballero, président de la Confédération catholique des parents d'élèves, mais "nous ne savons pas y répondre pour l'instant" face au flou juridique. La ministre de l’Éducation, Isabel Celaa, a commandé un rapport sur la question sans écarter de possibles sanctions. "L'éducation est un droit de l'élève, et non des parents" et "c'est une obligation des pouvoirs publics de faire respecter ce droit", a-t-elle averti dans le quotidien El Pais.

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