Coronavirus : fermer les frontières, une fausse bonne idée à laquelle souscrivent plusieurs pays européens

Coronavirus : fermer les frontières, une fausse bonne idée à laquelle souscrivent plusieurs pays européens

ÉPIDÉMIE - Pour lutter contre la pandémie de coronavirus, certains pays de l'UE ont décidé de fermer leurs frontières. Une mesure jugée inefficace par l'OMS et la Commission européenne. Emmanuel Macron propose de son côté à l'UE de prendre une mesure à l'échelle européenne : un contrôle renforcé des frontières de et vers l'espace Schengen.

"Eviter le repli nationaliste". C'est l'un des messages qu'a tenu à faire passer jeudi soir Emmanuel Macron au cours de son allocution consacrée au coronavirus. Car c'est l'un des dommages collatéraux de l'épidémie qui sévit aux quatre coin du monde depuis plusieurs semaines : les uns après les autres, des pays jouent la carte du confinement et ferment leurs frontières. Même si cela est inefficace contre la propagation de la maladie.

Dernier exemple européen en date : la République Tchèque, qui a décidé ce vendredi d'interdire l'entrée sur son territoire aux étrangers à partir de lundi. La Pologne, elle, impose des contrôles sanitaires aux postes-frontières avec l'Allemagne et la République Tchèque. L'Autriche a suspendu ses liaisons ferroviaires, quasiment fermé sa frontière terrestre avec l'Italie et impose certificat médical et contrôles sanitaires à l'entrée. La Slovénie a aussi instauré des contrôles sanitaires aux frontières. La Suisse a fermé neuf postes-frontières secondaires avec l'Italie (sur 380), seuls les travailleurs frontaliers étant autorisés à passer.

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"Effet domino"

Fermer les frontières, mesure efficace contre le virus ou fausse bonne idée ? Depuis le début de la crise, la question agite la classe politique française. Dans les rangs de la droite, des voix prônent la méthode forte. Fin février, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avait demandé au gouvernement "des mesures de contrôle renforcé" aux frontières, en appelant sur BFMTV à "décider très vite avant qu'il ne soit trop tard". Marine Le Pen avait quant à elle relevé que l'Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan et l'Afghanistan avaient fermé leur frontière ou restreint les échanges avec le voisin iranien. "Les dirigeants de ces pays doivent être probablement moins intelligents que notre nouveau ministre de la Santé ? Ou pas...", avait-elle commenté dans un tweet.

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De l'aveu même d'Emmanuel Macron, des fermetures de frontières seront probablement nécessaires dans les jours ou les semaines à venir. Mais pour le président français, cette mesure drastique ne peut être prise qu'à "l'échelle européenne". Ce vendredi, il a ainsi proposé à l'UE un contrôle renforcé des frontières de et vers l'espace Schengen.

Un constat partagé par la présidente de la Commission européenne : "Ce n'est pas bon quand des Etats membres prennent des mesures unilatérales parce que cela crée toujours un effet domino et cela empêche les patients, les hôpitaux d'avoir accès aux équipements dont ils ont besoin de façon urgente", a reconnu ce vendredi Ursula von der Leyen.

Pour l'OMS aussi, ces décisions ne sont guère pertinentes. "Il semble peut-être logique de dire 'regardez, nous voyons un danger venir, alors enfermons-nous'. Mais comme l'ont montré d'autres situations, comme notamment avec Ebola, quand les gens veulent voyager, ils le font. Et si les frontières officielles ne sont pas ouvertes, ils trouveront d'autres points de passage informels", avait souligné fin janvier un porte-parole de l'agence, Christian Lindmeier, lors d'un point de presse à Genève.

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