Coronavirus : Giuseppe Conte va être entendu par la justice, l'Italie à l'heure des comptes

Coronavirus : Giuseppe Conte va être entendu par la justice, l'Italie à l'heure des comptes
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ENQUÊTE - La gestion de l'épidémie en Italie, pays parmi les plus touchés au monde par le virus, est aujourd'hui au cœur de plusieurs enquêtes. L'une d'entre elles voit notamment le parquet de Bergame demander l'audition du chef du gouvernement Giuseppe Conte vendredi 12 juin.

Alors que l'Italie pleure ses plus de 34 000 morts du Covid-19, la justice s'interroge sur la manière dont la crise sanitaire a été gérée par les autorités. Et cette question se pose plus spécifiquement pour la ville de Bergame, l'épicentre de l'épidémie, situé au Nord du pays. Pour ce faire, le parquet local va entendre le chef du gouvernement Giuseppe Conte vendredi 12 juin à Rome, ont indiqué les agences de presse italiennes mercredi 10 juin. Les ministres de la Santé Roberto Speranza, et de l'Intérieur Luciana Lamorgese seront également auditionnés, sans que l'on sache encore quand.

"Les choses que j'ai à dire au procureur, je les dirai au procureur, je ne veux pas anticiper. Je ferai consciencieusement état de tous les faits dont j'ai connaissance. Je ne suis pas du tout inquiet", a déclaré le Premier ministre à la presse, dans la foulée de l'annonce.

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Plusieurs enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Bergame. Celle qui implique l'audition de Giuseppe Conte et de ses deux ministres porte sur le retard pris dans la création d'une "zone rouge" dans deux communes du département de Bergame, Nembro et Alzano Lombardo. Les premières "zones rouges" ont été établies fin février sur décision du gouvernement et ont d'abord concerné une dizaine de municipalités en Lombardie, notamment Codogno, la ville du "patient numéro un". Mais, début mars, l'épidémie a continué de se propager, avec deux foyers plus importants dans les deux communes de Nembro et d'Alzano pourtant identifiés dès la fin février.

Les habitants de la région s'étaient alors inquiétés de ne voir encore prise aucune mesure d'isolement. Comme ce médecin italien qui témoignait le 8 mars, dans le journal local L'Eco di Bergamo, de son quotidien en pleine épidémie : "Je trouve pour le moins 'effrayant", par exemple, que nous n’ayons pas encore établi une zone rouge déjà exigée par la région, pour les municipalités d’Alzano Lombardo et de Nembro". En fin de compte, ce sera toute la péninsule qui sera placée en confinement le 10 mars.

A qui la faute ?

Parallèlement, chacun des responsables politiques se rejettent la faute sur cette question : qui aurait dû mettre en place cette fameuse "zone rouge" dans ces deux communes ? Le gouvernement ? La région de Lombardie ? Le président de la région Attilio Fontana et son responsable de la Santé Giulio Gallera ont été entendus fin mai par le parquet de Bergame. Tous deux avaient alors affirmé que la décision d'établir la "zone rouge" revenait au gouvernement mais le ministre des Affaires régionales Francesco Boccia avait rétorqué que "même la région aurait pu l'instaurer", évoquant une loi habilitant les élus régionaux.

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Une autre enquête a été ouverte après le dépôt d'une cinquantaine de plaintes de familles de victimes de l'épidémie. Les plaintes déposées sous la forme d'un recours collectif, le premier dans cette crise sanitaire, doivent être examinées par le procureur de Bergame qui décidera d’éventuelles poursuites.

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