Grèce, Maroc, Espagne... Dans quels pays pourra-t-on voyager cet été ?

Grèce, Maroc, Espagne... Dans quels pays pourra-t-on voyager cet été ?
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ENVIE D'ÉVASION - En Europe ou ailleurs, avec la sortie du confinement, les Français commencent à penser aux vacances. Mais où pourra-t-on se déplacer cet été ?

Rester en France reste la piste privilégiée pour la plupart des vacanciers. Mais qu'en est-il de ceux qui rêvent d'évasion, ou qui voudraient tout simplement rejoindre leur famille hors des frontières cet été ? Si "les Français pourront partir en vacances en France en juillet et août", pour reprendre les mots d'Edouard Philippe, et si des destinations comme les Etats-Unis semblent pour l'heure inenvisageables, qu'en est-il de l'Europe et des pays méditerranéens ? Tandis qu'une réouverture est envisagée avec nos voisins, chaque pays maintient ses propres restrictions. L'heure est donc globalement au flou.

Décrit comme "le plus grand terrain de jeu touristique du monde" par CNN, l'Europe est depuis deux mois à l'arrêt. C'est pourquoi pour Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur, "nous avons tous besoin d'une pause", et ce "en profitant des vacances". "Nous aimerions voir nos familles et amis même s'ils vivent dans une autre région, dans un autre pays." Même son de cloche pour le Secrétaire d'Etat français aux Affaires étrangères, pour qui il est désormais "urgent de se coordonner" dans la réouverture des frontières intra-européennes. Mais si Jean-Baptiste Lemoyne a confié le 20 mai dernier qu'une réouverture progressive des frontières intérieures de l'UE était prévue "autour du 15 juin", cette décision revient en fait aux pays, où la situation varie. 

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Au sud, on drague les touristes

Ainsi, au sud, les pays dont l'économie dépend le plus du tourisme ont déjà commencé à communiquer sur la saison touristique. C'est le cas de l'Italie, où ce secteur représente tout de même 15% du PIB national. Dès ce lundi, la péninsule va donc tenter de relancer cette activité avec la réouverture des musées et monuments culturels, avant que ce ne soit le tour de ses frontières le 3 juin. Date à laquelle tous les aéroports nationaux pourront rouvrir et les arrivées possibles sans quarantaine ni "black list" des pays voisins. La péninsule invite donc à la reprise du tourisme. Littéralement. Dans une tribune parue dans le quotidien allemand Bild, le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio envoie un message clair : "Venez passer vos vacances en Italie. Venez visiter nos plages, nos côtes, nos villages de montagne, goûter notre cuisine. Nous sommes prêts à vous accueillir."

Un message similaire à celui que tentent de faire passer les autorités en Grèce. Alors que le secteur touristique est le deuxième pilier de son économie et que le coronavirus y a fait moins de 200 décès, le Premier ministre grec s'est fixé comme objectif de faire de l'été "l'épilogue" de la crise sanitaire. "Nous allons gagner la bataille de l'économie, comme nous avons gagné celle de la santé". Kyriakos Mitsotakis a donc fixé au 15 juin le début de la saison estivale dans le pays, avec des vols qui reprendront dès le 1er juillet. A leur arrivée, les vacanciers ne devront se soumettre ni à des tests, ni à une mise en quarantaine. 

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La situation s'est quelque peu éclaircie en Espagne. Alors que les arrivées étaient suspendues depuis la mise en place du confinement mi-mars et qu'un certain flou persistait, le Premier ministre Pedro Sanchez a annoncé samedi que les touristes étrangers pourront revenir en Espagne à partir de juillet. La quarantaine imposée aux touristes étrangers sera quant à elle levée le 1er juillet, a précisé le gouvernement lundi. "Le plus dur est derrière nous. En juillet nous allons ouvrir graduellement aux touristes internationaux, lever les mesures de quarantaine, assurer les plus hauts standards de santé et sécurité", a ainsi écrit sur Twitter Arancha Gonzalez. Le retour des touristes est crucial pour la deuxième destination touristique mondiale, où le secteur pèse 12% du PIB, de quoi pousser la ministre des Affaires étrangères à partager un message simple : "L'Espagne vous attend!". 

Au Portugal aussi, les voyages pourraient être prochainement possibles. Selon Jean-Pierre Pinheiro, directeur de l'office du tourisme portugais, les autorités font "tout pour que les Français puissent voyager à nouveau", dans le pays. Interrogé par Le Figaro, il confie que, même si "les frontières terrestres avec l'Espagne ne sont pas ouvertes", des discussions "sont en cours" au niveau de l'Union européenne. "Il est envisagé qu'elles ouvrent le 8 juin.""Les aéroports ne sont pas fermés pour les vols arrivant de l'UE, notamment de la France, mais ils sont restreints aux conditions imposées par les autorités françaises. La balle n'est pas dans notre camp, mais nous gardons espoir."

Nos voisins de l'Est devraient rouvrir le 15 juin

Si des discussions ont lieu à l'échelle européenne, elles sont particulièrement rapides avec nos voisins de l'est. Suivant la situation épidémiologique, l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche et la France ont prévu de rouvrir leurs frontières communes le 15 juin. En Allemagne, Angela Merkel est même allée plus loin. Devant le parlement, elle a assuré que "le but est, si l'épidémie le permet, que les contrôles aux frontières prennent fin le 15 ou le 16 juin dans l'espace Schengen." Un discours que l'on retrouve en Suisse, avec l'annonce de la confédération helvétique d'une "ouverture complète des frontières avec l'Allemagne, l'Autriche et la France" à cette date, encore une fois "pour autant que l'évolution de la situation épidémiologique le permette". L'Autriche, citée dans ce dispositif, a elle aussi affirmé cette volonté, mais ne semble pas vouloir l'étendre à de nombreux autres pays. Le chancelier Sebastian Kurz a en effet déclaré jeudi que seuls les Européens venant de pays où la propagation du coronavirus est stable seront les bienvenus, tandis que des Etats comme l'Italie et la Slovénie sont, pour l'heure, "exclus de cette liste". 

Cette date de la mi-juin est aussi évoquée en Belgique. Une éventualité encore une fois soumise à la condition que les risques dans les pays voisins soient similaires. "Les chiffres doivent au moins être aussi bons, les mesures doivent être similaires", comme l'a souligné Steven Van Gucht, virologue et porte-parole de la gestion de la crise sanitaire. La France, troisième pays le plus touché sur le continent après le Royaume-Uni et l'Italie, pourrait donc se voir refuser ce droit. C'est en tout cas ce qui est prévu en République tchèque, qui ne sera accessible qu'aux ressortissants des pays jugés les plus sûrs. Comme le précise  le ministre de la Santé auprès de Reuters, si certains de ses voisins d'Europe centrale pourraient entrer dans le pays dès le 8 juin, la France sera, elle, dans la liste des pays à risque. 

Une quarantaine à l'arrivée

Reste que de nombreux pays n'en sont pas encore à cette étape. A Chypre par exemple, le porte-parole du gouvernement a promis des précisions d'ici la fin mai sur des décisions "concernant le plan d'action pour la réouverture des aéroports et des hôtels". Selon plusieurs sources citées dans les médias, le gouvernement doit en effet encore trancher la question des obligations de test pour les nouveaux arrivants ou celle d'une mise en quarantaine.

Du côté du Royaume-Uni, les autorités viennent de le faire. Si la frontière entre l'île et la France n'est pas fermée, le pays va imposer 14 jours de quarantaine aux voyageurs arrivant de l'étranger. "Evidemment, les citoyens britanniques qui reviennent pourront se mettre en quarantaine chez eux. Mais les visiteurs devront, eux, prendre des dispositions pour effectuer cette quarantaine durant 14 jours", a ainsi annoncé ce vendredi 22 mai le ministre chargé de l'Irlande du Nord, Brandon Lewis. Et il n'y aura pas d'exception pour les voyageurs arrivant de l'Hexagone.

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En Scandinavie aussi, l'heure est à l'ouverture des frontières. Vous pouvez vous rendre en Suède, même s'il est "recommandé d'éviter les voyages non-essentiels", tout comme en Finlande, où l'entrée n'est cependant possible qu'en suivant une quatorzaine. Un dispositif mis en place également en Islande, mais qui devrait s'assouplir à partir du 15  juin selon Le Figaro. Date à laquelle les voyageurs "devront passer un test au Covid-19 et télécharger une application de pistage à leur arrivée". En cas de résultat positif, un isolement sera imposé. Si de telles restrictions de voyage sont nécessaires pour toute arrivée en Norvège jusqu'au 20 août, notamment avec une mise à l'isolement de dix jours, le pays n'admet pour le moment toujours pas de voyageurs venus d'autres pays européens, et ce au moins jusqu'au 20 juillet.

Vers une annulation de la saison touristique au Maghreb

Concernant le Maghreb, la situation est là bien plus compliquée. La saison touristique semble notamment totalement "perdue" en Tunisie. Cité par France 24, le président de la Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien regrette ainsi le "manque de visibilité" pour la reprise de ce secteur. "Cela va dépendre de quand les vols vont reprendre. Parfois, on parle de juillet, août, septembre, on ne sait pas. Pour être réaliste, 2020 c’est perdu, on pense beaucoup plus à 2021." Au Maroc aussi, l'espace aérien est fermé depuis le 15 mars, et ce "jusqu'à nouvel ordre". Et pour le moment, aucune annonce, officielle ou confidentielle, de réouverture aux vols réguliers n'a encore été publiée.

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 En Algérie, le sujet semble là aussi bel et bien enterré. Alors que des traversées maritimes entre les deux pays doivent reprendre "probablement" avant la fin mai afin d'assurer le rapatriement de quelques ressortissants français bloqués de l'autre côté de la Méditerranée, la question des trajets touristiques est clairement loin d'être sur la table. Si les mouvements intra-européens sont à l'ordre du jour, le Vieux Continent ne semble pas prêt à s'ouvrir au reste du monde.

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