Covid-19 : l'Allemagne serre la vis face à une deuxième vague qu'elle peine à contrôler

Covid-19 : l'Allemagne serre la vis face à une deuxième vague qu'elle peine à contrôler

SUBMERGÉE - Longtemps citée en exemple pour sa gestion de la crise sanitaire, l'Allemagne peine à endiguer la seconde vague de l'épidémie de Covid-19. Le pays s'apprête même, dans les régions les plus touchées comme la Bavière ou la Saxe, à durcir les restrictions.

Le fédéralisme allemand, jugé bénéfique au printemps pour contrer la pandémie, pourrait-il désormais être un handicap ? Une chose est sûre, face à une deuxième vague plus coriace que prévu, avec une moyenne de quelque 13.000 nouvelles infections quotidiennes, Angela Merkel a cette fois toutes les peines à faire tenir un cap cohérent et unifié à son pays. Et ce alors que la situation sanitaire se tend de plus en plus : selon l'Association interdisciplinaire pour les soins intensifs (DIVI), seuls 20% des lits en réanimation sont encore disponibles en Allemagne, soit 5.450 places. Le nombre de malades du Covid-19 traités dans ces unités s'élevait lundi à 4.179, contre quelque 220 début septembre.

Résultat, alors que le gouvernement allemand et les 16 responsables régionaux avaient convenus de se retrouver le 4 janvier, une réunion d’urgence pourrait se tenir avant Noël. Lors de celle-ci, "il sera nécessaire de dire que nos mesures actuelles ne sont pas suffisantes pour réellement briser la deuxième vague", a averti lundi le ministre de l'Economie Peter Altmaier. Favorable à la mise en place de règles communes partout en Allemagne, le chef de la chancellerie et bras droit d'Angela Merkel, Helge Braun, a lui plaidé dans Bild pour "qu'aucune fête ne soit organisée pour le nouvel an"

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières infos sur l'épidémieA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

Couvre-feux en Bavière

En attendant de nouvelles décisions, la Bavière a décidé de serrer la vis dès ce mercredi. Le responsable de la plus grande région allemande a ainsi annoncé la mise en place de couvre-feux locaux après 21H00 dans les zones comptant plus de 200 nouveaux cas pour 100.000 habitants par semaine. En outre, les classes supérieures des écoles seront encouragées à proposer certains cours en ligne, voire la totalité dans les zones les plus touchées. Les déplacements devront également se limiter au strict minimum, pour raison médicale par exemple. 

"C'est la dernière étape" avant le confinement total, a averti lundi Markus Söder, qui juge la situation "grave". La Bavière avait par ailleurs annoncé fin novembre que ses stations de ski resteraient fermées pendant les vacances de fin d'année pour éviter la propagation de la pandémie. "Nous ne pouvons tout simplement pas passer des vacances de ski classiques", avait alors déclaré Markus Söder.

Lire aussi

Ecoles et magasins fermés en Saxe

Le Land de Saxe, à l'est du pays, en tête des chiffres de nouvelles contaminations, s'apprête également à partir de lundi à durcir la législation, tout comme la Hesse, la région de la capitale financière Francfort. "La situation dans les hôpitaux est non seulement tendue, mais extrêmement dangereuse", a déclaré lors d'une conférence de presse le dirigeant conservateur de l'État-régional, Michael Kretschmer, pour qui la situation est "très sérieuse".

Cet État-région d'ex-Allemagne de l'Est, dans lequel le vote d'extrême droite est élevé et où les thèses conspirationnistes autour de la pandémie trouvent un écho patent, présente en effet le taux d'infection le plus élevé d'Allemagne, atteignant mardi 319,4 cas pour 100.000  habitants, quand la moyenne fédérale s'élève à 114,2, selon l'institut Robert Koch. Plusieurs villes, comme Bautzen, affichent même un taux d'infection supérieur à 500 pour 100.000.

Les autorités ont donc décidé de sévères restrictions, qui seront maintenues jusqu'au 10 janvier au moins. Écoles et garderies seront ainsi fermées une semaine avant le début officiel des vacances de Noël. Les magasins baisseront également le rideau, excepté ceux vendant des produits de première nécessité. La vente d'alcool sera interdite dans les lieux publics et les visites dans les maisons de retraite très encadrées, avec port du masque et test négatif obligatoires.

Sur le plan national, depuis novembre, bars, restaurants, installations sportives et lieux culturels sont fermés et les rassemblements publics comme privés ont été limités, alors qu'écoles et magasins ont jusqu'ici pu rester ouverts. Ces restrictions resteront en vigueur jusqu'au 10 janvier avec quelques assouplissements en principe programmés, notamment pour les rassemblements entre Noël et le jour de l'an. Sauf que ces derniers sont de plus en plus remis en cause, faute d'une amélioration de la situation sanitaire.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Derek Chauvin reconnu coupable de meurtre du meurtre de George Floyd

L'étonnante décision de Peugeot face à la pénurie de semi-conducteurs

EN DIRECT - Covid-19 : le seuil des 6000 patients en réanimation quasiment atteint

Dormir six heures ou moins entre ses 50 et 70 ans renforcerait le risque de démence

Vacances : les destinations les plus prisées pour cet été

Lire et commenter