L'Europe confinée… à l'exception du Royaume-Uni et des Pays-Bas qui prônent "l'immunité collective" face au coronavirus

L'Europe confinée… à l'exception du Royaume-Uni et des Pays-Bas qui prônent "l'immunité collective" face au coronavirus
International

BARRICADES - Face à la pandémie de coronavirus, l'Europe cherche à se protéger en s'isolant toujours plus. Presque partout, comme en France, le confinement devient la règle. Sauf au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, où la stratégie de l'immunité collective est privilégiée.

Tout l'Europe (ou presque) est placée sous cloche. L'Union européenne, où le nombre de malades a explosé ces derniers jours, va fermer toutes ses frontières pour 30 jours, a annoncé lundi le président français Emmanuel Macron lors d'une allocution depuis l'Élysée. "Tous les voyages entre les pays non européens et les pays de l'UE seront suspendus", a déclaré le chef de l'État, arguant que l'Europe doit "dans la durée (se) protéger" face à "un ennemi invisible". Ces restrictions aux frontières de l'Union européenne et de l'espace Schengen s'ajoutent à une cascade de mesures prises dans les différents pays membres.

Écoles et universités, restaurants, bars, discothèques, cinémas ont désormais fermés un peu partout sur le Vieux Continent. À partir de ce mardi 17 mars à midi, la France, après l'Italie et l'Espagne qui se sont isolées pour se protéger, entre à son tour en confinement général pour freiner la propagation de  la pandémie de coronavirus, qualifiée par l'OMS de "crise sanitaire mondiale majeure de notre époque". Le quotidien des Français va bientôt ressembler à celui de leurs voisins italiens et espagnols, qui ne sont autorisés à sortir que pour travailler, faire leurs courses, se soigner ou porter assistance à un proche.

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En Allemagne, le contrôle aux frontières avec cinq pays, dont la France, a été rétabli. Les habitants sont appelés à "rester à la maison" et à renoncer à leurs vacances. Le Portugal, qui attend le pic de contagion pour la fin du mois d'avril, a annoncé la fermeture de la frontière avec l'Espagne aux touristes. L'état d'urgence pourrait être décrété, une première depuis 1975. Une disposition déjà prise par la Suisse, qui a interdit pratiquement "toutes les manifestations publiques et privées". En Belgique, le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever a demandé au gouvernement "d'interdire les rassemblements (...) et d'instaurer un couvre-feu en soirée, à l'exception de certains déplacements essentiels, (dont) les trajets domicile-travail".

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L'immunité collective en rempart au virus

Mais, alors que l'Europe se barricade face au virus, le gouvernement britannique refuse de prendre des mesures radicales et prône l'immunité collective. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a estimé qu'il n'était "pas nécessaire" en l'état d'édicter des interdictions de rassemblement ou des fermetures de lieux publics. Une approche différente de ses voisins européens, parce que "chaque pays est à un stade différent de l'épidémie, et notre action doit être déclenchée au bon moment pour être efficace", a-t-il avancé en guise d'explications. Il a simplement "recommandé" d'éviter tout "contact social", en favorisant le télétravail et s'éloignant des lieux conviviaux tels que les pubs et théâtres. Selon un dernier bilan fourni lundi par le ministre de la Santé Matt Hancock, le Royaume-Uni a enregistré 1543 cas positifs depuis le déclenchement de la pandémie. 55 patients sont morts du Covid-19, soit 18 de plus en une journée.

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Mais le Royaume-Uni n'est pas le seul pays à opter pour cette stratégie d'immunité collective. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a décrété la fermeture des écoles, bars, restaurants, maisons closes et coffee-shops jusqu'au 6 avril. Mais, contrairement aux autres membres de l'UE, il a exclu un confinement total de la population. "Dans ce scénario, nous devrions fermer notre pays pendant un an ou même plus, avec toutes les conséquences" que cela implique, a-t-il justifié. Le virus "pourrait réapparaître immédiatement si les mesures étaient retirées", a affirmé le chef de l'exécutif. Selon un dernier comptage officiel, 1413 cas de contamination et 24 décès par le coronavirus ont été recensés aux Pays-Bas.

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