Coronavirus : l'angoisse monte en Italie, sous le choc d'une mesure de confinement sans précédent

Depuis lundi soir, l'Italie entière est devenue une zone protégée et fermée du reste du monde. Dans le pays, l'agitation a gagné la population dès l'annonce des mesures de confinement par le Premier ministre.
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"TUTTI A CASA" - Le gouvernement italien a pris ce lundi soir des mesures draconiennes pour endiguer la contagion du virus, plaçant le pays entier en quarantaine. Un nouveau décret, publié dans la nuit, a de fortes répercussions sur le quotidien de la population et suscite des inquiétudes.

"Tutti a casa" (tous à la maison), "tout ferme" scandent ce mardi les titres de la presse italienne, résumant en une phrase choc le nouveau décret signé par le président du Conseil italien Giuseppe Conte. 

Afin de lutter contre la propagation du coronavirus, quelque 60 millions d’Italiens sont priés de rester chez eux dès aujourd’hui mardi 10 mars, conformément à un décret pris par le gouvernement de Rome, étendant à toute l’Italie les mesures drastiques de confinement. Une mesure sans précédent dans le monde. 

La prise de parole du chef du gouvernement a eu lieu ce lundi soir à 21h30, tous les Italiens se sont précipités devant leur télévision : "Nous devons changer nos habitudes. Elles doivent changer maintenant", martèle Conte, qui a fixé ces restrictions jusqu'au 3 avril. 

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Toni, Italien confiné chez lui à Maleo (l'une des premières villes contaminées en Lombardie, faisant partie de la première "zone rouge"), était lui-même scotché devant devant Rai Uno lundi soir. Pour lui, c'est la preuve que "la situation a totalement échappé au gouvernement qui espère désormais que les gens restent chez eux pour éviter toute propagation", assure-t-il à LCI : "Il y a une responsabilité collective. Un ami m'a contacté samedi soir en me disant 'C'est le bordel' et j'ai vu sur Facebook la fugue des italiens du nord, notamment de Milan, vers le sud. Quelques heures plus tard, tous les médias en parlaient. Tout s'est accéléré à cause du décret qui a fuité avant l'annonce."

Autre point expliquant la radicalité d'une telle décision, la saturation des hôpitaux ne permettant plus de prendre en charge tous les cas liés au nouveau coronavirus : "Les patients n'ont pas moyen d'accéder au service de radiologie", poursuit-il. "Un de mes amis, qui avait 39°C de fièvre et avait le virus, a dû attendre quatre jours avant de se rendre dans un hôpital, il était impossible de lui faire une radio des poumons." Face à une telle crise, "pourquoi les autres pays n'aident pas plus l'Italie ? Où est l'Europe ?"

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"Je vis dans un film d'horreur"

Dans ce nouveau décret drastique, ne seront donc possibles que les déplacements répondant à des "impératifs professionnels dûment vérifiés et à des situations d’urgence, pour des raisons de santé". En d'autres termes, plus question de circuler dans le pays sauf pour se rendre au travail ou pour des raisons de santé. "Ceux qui ne respectent pas le confinement risquent des amendes allant jusqu'à 206 euros, et trois mois d'emprisonnement" précise Toni. 

Les personnes présentant des symptômes d’affection respiratoire et de la fièvre sont fortement incitées à rester chez elles et limiter au maximum tout contact social, y compris avec leur médecin traitant. Les personnes dont la contamination au coronavirus a été confirmée sont obligatoirement assignées à résidence. Pour éviter les déplacements à caractère professionnel, les entreprises, publiques et privées, sont invitées à mettre leur personnel en congé. Par ailleurs, toutes les manifestations culturelles, sportives, religieuses ou festives sont suspendues. Conséquence parmi d'autres de l'épidémie : le championnat de football italien, institution sacrée de l'autre côté des Alpes, est suspendu jusqu'à nouvel ordre. 

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Les cinémas, pubs, théâtres, écoles de danse, salles de jeux, casinos, discothèques et autres lieux similaires devront rester fermés. Toutes les écoles et universités devront fermer leurs portes. Tous les concours sont suspendus. Les bars et restaurants pourront rester ouverts, de 6h00 à 18h00, à condition de respecter la distance de sécurité d’au moins un mètre entre les clients. Une disposition qui concerne également les autres activités commerciales. Les centres commerciaux et grands magasins devront rester fermés les jours fériés et les veilles de jour férié. 

"Je vis dans un film d’horreur", confie Toni, incriminant un "manque du respect des consignes sanitaires" des Italiens et ajoutant que "si les bars restent malgré tout ouverts, cette mesure drastique sera hélas contre-productive". Face aux comportements et aux messages alertés de ses amis, l'angoisse monte, certains développant même des théories du complot, selon notre témoin. 

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Comme le confirme Dennis Di Falco, un habitant de Lombardie, interrogé ce mardi matin sur LCI, des supermarchés de nuit ont été pris d’assaut par des Italiens apeurés par le décret, notamment à Rome et à Naples. Face à cette crise, les Italiens souhaitent néanmoins de concert un prompt apaisement : "En adoptant cette mesure, le gouvernement a privilégié la santé des personnes à l'économie du pays", selon un Italien interrogé par nos équipes sur place. 

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