Coronavirus : l'UE veut mettre fin aux vols à vide

Le secteur aérien mondial pourrait perdre 100 milliards d'euros cette année à cause du coronavirus. Les compagnies aériennes sont les premières à pâtir des mesures de restriction. C'est notamment le cas d'Air France.
International

ENVIRONNEMENT - Il était temps. La Commission européenne a décidé ce mardi de faire un geste en faveur des compagnies aériennes au bord du gouffre, suite aux annulations en cascade liées au Covid-19. Les règles sur les créneaux aéroportuaires vont être assouplies pour éviter aux avions de voler à vide, a-t-elle annoncé.

L'heure est grave. Avec la propagation du Covid-19 et les annulations de vols en cascade, d'abord vers l'Asie et maintenant vers l'Italie, le secteur du transport aérien est en crise : "L'emballement, la psychose qui entourent cette épidémie provoquent déjà des effets désastreux. En clair? le transport aérien dévisse", s'est alarmé ce mardi le président de l'Union des aéroports français (UAF), Thomas Juin. 

Et pour ne rien arranger, la règle du "use it or lose it" ("tu t’en sers ou tu le perds", ndlr), qui régit les aéroports européens, obligent les compagnies aériennes à continuer à faire voler des avions à vide, sous peine de perdre des créneaux horaires dans les aéroports. En effet, si elles ne rendent pas effectifs au moins 80% de leurs vols, elles risquent tout simplement de perdre leur place au profit de compagnies plus prolifiques.

"Une situation totalement absurde dans les circonstances actuelles", s'alarmait lundi 9 mars, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Face à l'ire des Etats européens, la Commission européenne a donc décidé de faire un geste en proposant un assouplissement temporaire de ces règles, a annoncé ce mardi sa présidente Ursula von der Leyen.

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"La Commission va présenter très rapidement une législation sur les créneaux aéroportuaires", a déclaré la nouvelle présidente de la Commission. "Nous voulons qu'il soit plus facile pour les compagnies aériennes de garder leurs créneaux aéroportuaires même si elles n'opèrent pas de vols dans ces créneaux en raison du déclin du trafic", a-t-elle expliqué.

"Cela soulagera la pression sur l'industrie aérienne et en particulier sur les plus petites compagnies", a poursuivi Ursula von der Leyen. "Mais cela fera aussi baisser les émissions (de gaz à effet de serre) en évitant les 'vols fantômes', quand les compagnies font voler des avions presque vides juste pour garder leurs créneaux", a-t-elle ajouté.

Une perte comprise entre 63 et 113 milliards de dollars

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Une décision saluée par l'Association internationale du transport aérien (Iata) qui avait appelé à une suspension de cette règle du 80/20, arguant que le secteur du transport aérien de passagers pourrait subir une perte comprise entre 63 et 113 milliards de dollars en raison de la crise liée au coronavirus. Le nombre de passagers aurait baissé de 24 % sur les vols d’Europe de l’Ouest, selon les statistiques de l’association.

La présidente de la Commission européenne a toutefois précisé qu'il s'agirait d'une "mesure temporaire", sans plus de précision sur la forme qu'elle prendrait. Cette mesure devra suivre la voie législative classique, en étant approuvée et adoptée par le Parlement européen et les Etats membres. L'UE avait déjà eu recours à de telles dérogations lors de l'épidémie de Sras en 2003 et après les attentats du 11 septembre 2001.

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