Coronavirus : la pandémie s'étend en Afrique, qui redoute une propagation dévastatrice

Coronavirus : la pandémie s'étend en Afrique, qui redoute une propagation dévastatrice

ÉPIDÉMIE - Après plusieurs pays d'Europe, le continent le plus pauvre de la planète adopte progressivement le confinement. Mais la faiblesse des systèmes de santé laisse craindre le pire.

Après l'Asie et l'Europe, l'Afrique se retrouve en première ligne dans la lutte contre le coronavirus. Le continent comptait officiellement lundi soir plus de 1600 cas et une cinquantaine de décès. Des chiffres assez faibles par rapport au bilan mondial de la pandémie - 360.000 cas - mais qui pourraient grimper rapidement : le virus progresse vite, les tests se révèlent insuffisants et les services de gestion de la crise montrent des failles.

C'est notamment le cas au Nigeria. Dans le pays le plus peuplé d'Afrique (190 millions d'habitants), le virus est passé de deux cas recensés à plus de 35 cas en moins d'une semaine. Selon le ministre de la Santé, le pays dispose de 350 unités d'urgences et "tous les patients n'auront pas besoin de respirateurs". 

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Mais pour l'Association des médecins du Nigeria (NMA), la situation pourrait tourner à la catastrophe, en raison de la faiblesse des moyens sanitaires. "Entre 70 à 80% de nos institutions de santé n'ont pas d'eau courante ou suffisamment propre pour se laver les mains." Et le NMA de prévenir : "Nous n'avons pas de masques FPP2, ou du moins, on ne sait pas combien on en a. Nous ne savons pas combien on a de respirateurs à travers le pays, mais on sait que leur nombre est inadéquat." Le Nigeria compte 42.000 médecins généralistes enregistrés en 2019, selon la NMA. Dans un pays comme la France, trois fois moins peuplée, ils sont 226.000.

"Les populations les plus démunies seront les premières victimes"

Dans la plupart des autres pays de l'Afrique subsaharienne, au-delà des déclarations officielles visant à rassurer les populations, la crainte règne. C'est par exemple le cas au Cameroun, qui recensait officiellement près d'une soixantaine de cas de Covid-19 lundi. Le pays "n'a aucune capacité pour gérer les cas graves", assure un responsable d'une ONG internationale basée dans ce pays d'Afrique centrale. "Si l'épidémie se propage, cela va être très grave". Ce pays, comme la Centrafrique, la Somalie, le Tchad, compte moins d'un médecin pour 10.000 habitants, et tous présentent déjà des cas de Covid-19. Idem au Kenya : un haut responsable du ministère de la Santé a confié à l'AFP sous couvert d'anonymat que "dans les 47 provinces que compte le pays, seuls 25 hôpitaux publics sont équipés d'unités d'urgences, et la plupart ne sont pas fonctionnelles". 

Pour tenter d'endiguer la prolifération, certains pays ont d'ores et déjà instaurés des mesures drastiques. "Un confinement national sera mis en place pendant vingt-et-un jours (...). Il sera imposé à partir de jeudi minuit", a annoncé avec gravité le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a décidé de recourir à l'armée. En Afrique de l'Ouest, deux chefs d'Etat, le sénégalais Macky Sall et l'Ivoirien Alassane Ouattara ont annoncé lundi soir des mesures similaires : instauration de l'état d'urgence et couvre-feu nocturne. Déjà effectif en Tunisie, au Rwanda et à Maurice, le confinement a aussi été imposé lundi à Lubumbashi (sud-est), la capitale économique de la République démocratique du Congo, et dans les deux principales villes de Madagascar, la capitale Antananarivo et Toamasina (est).

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"Le confinement partiel ou total risque d'avoir des effets désastreux pour le continent africain", s'inquiète l'écrivaine camerounaise Calixthe Beyala, sur sa page Facebook. "Les populations les plus démunies en seront les premières victimes, elles crèveront de faim ou du moins leur organisme fragilisé par la malnutrition les rendra fragiles face au virus", a-t-elle ajouté, appelant à trouver "des stratégies d'urgence qui répondent mieux aux besoins de nos peuples".

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