Covid-19 : le nombre de contaminations flambe, le continent américain en première ligne

Covid-19 : le nombre de contaminations flambe, le continent américain en première ligne
International

CRISE SANITAIRE - Même si l'Europe connaît une décroissance des cas de coronavirus, jamais le nombre de personnes infectées n'avait été aussi important que ces 7 derniers jours dans le monde. Les États-Unis, et le continent américain dans son ensemble, sont les plus touchés.

La contagion du coronavirus atteint des niveaux records dans le monde, particulièrement sur le continent américain, où le nombre des cas et celui des décès continue d'exploser, États-Unis et Brésil en tête. Les sept jours écoulés ont été la pire semaine en terme d'infections depuis que la pandémie de Covid-19 est partie de Chine fin 2019, selon le bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

"Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas dépasse les 160.000 par jour", a déclaré mercredi le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les sept jours précédents, plus de 150.000 contaminations quotidiennes avaient été dénombrées, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles. Et "60% de tous les cas de Covid-19 recensés jusqu'à présent ont été signalés au cours du mois dernier", a-t-il souligné.

Record quotidien de contaminations aux États-Unis

Épicentre actuel de l'épidémie, le continent américain recense environ 2,7 millions de personnes infectées sur un total d'environ 10,6 millions dans le monde, et les chiffres continuent d'exploser. Première puissance mondiale et pays le plus contaminé et le plus endeuillé de la planète (plus de 128.000 décès), les États-Unis ont atteint mercredi un niveau record avec plus de 50.000 nouvelles contaminations en 24 heures.

Par ailleurs, une étude publiée mercredi indique que la pandémie a causé au moins 18% de morts de plus qu'une année normale aux États-Unis, et jusqu'à trois fois plus à New York, très durement touchée. Le pays aborde un week-end sensible, avec samedi la fête nationale du 4 juillet (traditionnelle occasion de réunions familiales et rassemblements) sous restrictions renouvelées ou pause dans le déconfinement, notamment en Californie (Ouest). Dans cet État de 40 millions d'habitants, longtemps modèle de prévention, la flambée est particulièrement intense.

Les comtés à risque ont été invités à renoncer aux traditionnels feux d'artifice, et les plages de la région de Los Angeles seront fermées tout le week-end. Ce sera le cas également pour certaines en Floride (Sud-Est). Dans une partie de la Californie, salles de restaurant, bars, cinémas et musées seront, quant à eux, fermés pendant "au moins trois semaines".

Plus de 500.000 morts sur la planète

En Amérique latine et aux Caraïbes, la situation reste également inquiétante. C'est notamment le cas du Brésil, deuxième pays au monde le plus touché, qui a franchi mercredi le cap des 60.000 décès, après avoir enregistré une nouvelle fois plus d'un millier de morts en 24 heures, selon le ministère de la Santé. La Colombie, 4e économie d'Amérique latine, a quant à elle dépassé la barre des 100.000 cas, avec 4.163 nouvelles contaminations en un jour.

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Au Pérou, un dirigeant indigène, Santiago Manuin, qui défendait les droits fonciers des communautés amazoniennes, est mort mercredi du Covid-19, selon sa famille. Les peuples autochtones en Amérique latine sont particulièrement vulnérables, en raison de la faiblesse de leurs systèmes immunitaires et de siècles de négligence de l'État. L'Amérique latine pourrait enregistrer plus de 400.000 morts dans les trois mois faute de mesures sanitaires plus strictes, selon l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Deux pays semblent toutefois mieux s'en sortir : l'Uruguay et le Paraguay.

Le Covid-19 a d'ores et déjà tué au moins 514.803 personnes sur la planète, selon un comptage de l'AFP. Le patron de l'OMS a de nouveau prôné une "approche globale", appelant une fois encore à respecter les règles de distanciation, détecter et isoler les cas, placer en quarantaine leurs contacts et porter un masque autant que nécessaire.

Le secteur du tourisme particulièrement touché

Alors que démarre la saison estivale, de nombreux pays essaient de limiter un manque à gagner déjà considérable pour le tourisme et les secteurs qui en dépendent, déjà estimé à potentiellement entre 1.200 à 3.300 milliards de dollars, par l'ONU. L'Union européenne (UE), où l'épidémie marque le pas malgré la subsistance de foyers de contamination, a ainsi rouvert mercredi de façon ciblée ses frontières. Elle a autorisé les vols en provenance de 14 pays de tous les continents, ainsi que de Chine sous réserve de réciprocité, ce qui n'est actuellement pas le cas. L'île grecque de Corfou a vu atterrir mercredi ses premiers touristes, pendant que Lisbonne et Leicester (Angleterre) reconfinaient certains quartiers.

Hors UE, les autorités serbes ont durci jeudi les mesures de restriction, face à un regain de cas de Covid-19, et rouvert à Belgrade des hôpitaux entièrement dédiés aux malades. Dans le reste du monde, d'autres pays fortement dépendant du tourisme, tentent aussi de sauver la saison. Malgré plus de 1.000 infections quotidiennes depuis fin mai, l'Egypte a rouvert mercredi les célèbres pyramides du plateau de Guizeh. Le même jour, Cuba a rouvert aux touristes étrangers les îles paradisiaques des Cayos, même si aucun vol touristique n'y a encore atterri.

Les petites entreprises se battent pour leur survie

De très nombreux autres secteurs économiques ont été affectés. Le FMI prévoit une reprise plus lente qu'espéré et une récession mondiale de 4,9% en 2020. En Espagne, le chômage a légèrement augmenté en juin malgré la levée du confinement, mais bien moins durant les trois mois précédents. Colonne vertébrale des économies, petites et moyennes entreprises sont parmi les plus touchées et, malgré les milliards de dollars débloqués par les gouvernement pour les aider à tenir, se battent pour survivre.

Mais en Afrique, au Tchad notamment, commerçants, employés, mais aussi les plus démunis plongés dans le dénuement, ne peuvent compter sur aucun système de solidarité nationale. Bien que moins draconiennes qu'ailleurs, les restrictions ont suffi à déstabiliser l'économie de ce pays parmi les plus pauvres de la région, pourtant producteur de pétrole depuis les années 2000.

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Le secteur culturel est également menacé. Des Rolling Stones à Eric Clapton en passant par Paul McCartney, Depeche Mode ou Iron Maiden, 1.500 artistes ou personnalités du monde de la musique britannique ont appelé jeudi le gouvernement à sauver urgemment l'industrie des concerts, privée de public. Dans les enceintes sportives, le retour du public ne va pas sans accroc : la finale de la Coupe du Danemark a été interrompue près d'un quart d'heure mercredi soir, des supporters refusant de respecter les règles de distanciation imposées dans le stade. 

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