Coronavirus : les Etats-Unis sont-ils vraiment mieux préparés que les autres à l'épidémie ?

Coronavirus : les Etats-Unis sont-ils vraiment mieux préparés que les autres à l'épidémie ?

À LA LOUPE - Donald Trump a déclaré mercredi 26 février que les Etats-Unis étaient les mieux préparés à la gestion d’une épidémie, et donc à celle du coronavirus actuellement. On a vérifié cette affirmation du président, qui se fonde sur une étude de l’OMS.

Depuis la Maison Blanche mercredi 26 février, Donald Trump s’est dit confiant pour son pays dans la gestion de l’épidémie du coronavirus. "Nous sommes à un niveau très bas (de cas de contamination, ndlr). (…) Le pays est le mieux préparé à une épidémie, a déclaré le président américain, se vantant que les Etats-Unis soient considérés comme les "numéros un" dans le monde. Peut-on accorder du crédit à cette affirmation ? 

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Pour appuyer ses propos, Donald Trump a brandi un document sur lequel on distingue une carte du monde et des graphiques. Ce document se trouve être l’indice de sécurité sanitaire mondiale diligenté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2019, qui évalue la capacité des 195 Etats dans le monde à "réagir rapidement à une épidémie et à en limiter la propagation". Pour procéder à une telle évaluation, l’OMS prend en compte 34 indicateurs différents divisés en 6 catégories : prévention de l’épidémie, détection, réponse rapide apportée, qualité du système de santé, conformité aux normes internationales et risque environnemental. 

Cet indice place en effet les Etats-Unis en tête du classement des pays les mieux préparés à gérer l’arrivée d’une épidémie de manière globale. Dans le détail, on s’aperçoit que le pays coche toutes les cases, à l’exception de la dernière portant sur le risque environnemental et la vulnérabilité aux menaces biologiques. Le rapport se fonde sur des indicateurs précis (système des laboratoires, risque de communication du virus, accès aux soins, adéquation des infrastructures…)

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Pour l'heure, Washington se trouve relativement épargné par la propagation du nouveau coronavirus. Selon le dernier bilan officiel, 15 cas de contamination ont été recensés aux Etats-Unis, ajoutés aux 45 cas rapatriés de Chine ou du paquebot Diamond Princess, au Japon. Les Etats-Unis ont pourtant rapatrié plus d’un millier de nationaux : 800 de Wuhan et 329 du Japon. 

Le ratio entre le nombre de cas de malades avérés et de rapatriés, donc potentiellement à risque d’être porteurs du virus, est donc plutôt faible. D’autant que personne n’est mort sur le sol américain. "Avec ce monde qui vient aux Etats-Unis, quand n’avez que 15 cas, c’est vraiment bien", s’est d’ailleurs félicité Donald Trump, ne mentionnant pas les 45 autres malades. En comparaison, 14 personnes sont déjà mortes en Italie, sur 528 cas de patients contaminés. En France, deux personnes sont déjà mortes des suites du virus, un touriste chinois et un Français. 

L’affirmation selon laquelle les Etats-Unis sont à la pointe de la gestion de la crise sanitaire est cependant à relativiser. Dans ses colonnes, le journal Time raconte qu’il a fallu quatre jours pour qu’une patiente atteinte du coronavirus se fasse tester en Californie. Le 19 février, la femme présentant des signes d’infection a été transférée à l’hôpital UC-Davis, en Californie. Les médecins ont alors demandé au niveau fédéral, au centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), de tester la patiente au Covid-19. Or, comme l’a confirmé ensuite l’hôpital au Time, le CDC a ordonné un test sur la femme le 23 février seulement, alors que celle-ci était déjà placée à un niveau de confinement élevé et que le personnel du centre avait procédé à plusieurs demandes. 

C’est en effet au CDC qu’il appartient de procéder aux dépistages, puisque ni le département de santé de Californie ni celui du comté ne peuvent s’en charger. La totalité des dépistages sont toujours réalisés à Atlanta, au siège du CDC, à cause d’un défaut dans les tests envoyés aux 50 Etats. Il y a dix jours, des laboratoires ont remis en cause la qualité des tests de diagnostics après s’être aperçus qu’ils pouvaient produire des résultats non concluants, c'est à dire ni positifs, ni négatifs.

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Confiant, Donald Trump a poursuivi son allocution en assurant que le nombre de cas contaminés devrait baisser "très bientôt". Le président a même avancé le chiffre de cinq cas de malades du virus, voire de deux ou trois seulement. Un avis que ne partage pas le CDC. L'agence fédérale a indiqué que les cas allaient augmenter dans les prochains jours ou prochaines semaines, tout en encourageant les écoles, les entreprises et les gouvernements locaux à envisager des mesures de précaution. Aux côtés du locataire de la Maison Blanche mercredi, le secrétaire à la Santé a précisé, comme une piqûre de rappel, que "le degré de risque est susceptible d’évoluer rapidement". "Nous pouvons nous attendre à voir davantage de cas aux Etats-Unis", a déclaré Alex Azar avec prudence.

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