Plus de 400.000 morts du Covid-19 au Brésil, où la campagne vaccinale patine

Plus de 400.000 morts du Covid-19 au Brésil, où la campagne vaccinale patine

DRAME - La pandémie de Covid-19 frappe de plein fouet le Brésil, qui a passé le cap des 400.000 morts le 29 avril. Il s'agit du deuxième pays le plus endeuillé dans le monde, derrière les États-Unis.

Le Brésil a franchi un nouveau cap critique dans sa bataille contre la pandémie de Covid-19. Le pays présidé par Jair Bolsonaro a passé le cap des 400.000 morts du Covid-19, selon les chiffres du ministère de la Santé. Le Brésil a enregistré 3001 décès supplémentaires du coronavirus au cours des dernières 24 heures et près de 70.000 nouveaux cas de contamination. Des niveaux très élevés en cette fin du mois d'avril qui, avec celui de mars, aura été le plus meurtrier en 14 mois de pandémie dans ce pays de 212 millions d'habitants.

Le nombre des morts a augmenté de façon exponentielle depuis le début de l'année sous la pression du "variant P1" ou "variant brésilien". En moins de cinq mois, le bilan est passé de 100.000 à 200.000 morts, le 7 janvier, mais ensuite seulement 77 jours ont suffi pour atteindre les 300.000, le 24 mars, et 37 pour les 400.000. Même si les courbes commencent à se stabiliser sur un plateau très élevé, le taux de mortalité au Brésil est le plus important des Amériques et de l'hémisphère Sud : il est de 189 pour 100.000, dépassant celui du Royaume-Uni (188).

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"Il y a eu un fort impact du variant P1", explique Ethel Maciel, épidémiologiste de l'Université d'Espirito Santo (UFES). Plus contagieux et soupçonné d'être plus dangeruex, il a d'abord sévi en Amazonie avant de se répandre dans tout le pays. "Quand il y a eu un pic en janvier à Manaus, en Amazonie, rien n'a été fait pour contenir ce variant, les vols ont été maintenus. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il devienne dominant dans tout le Brésil", poursuit Ethel Maciel, qui pointe du doigt le "manque de coordination nationale" dans la réponse anticovid.

Une gestion de crise inepte ?

Une commission d'enquête parlementaire a été instaurée mardi au Sénat pour étudier la façon dont le gouvernement a géré la crise sanitaire, jugée inepte par les spécialistes. L'enquête portera notamment sur la crise de Manaus, avec une grave pénurie d'oxygène et la mort de dizaines de patients asphyxiées.

Selon une étude rendue publique mardi par l'institut Adolfo Lutz, 90% des échantillons analysés dans l'État de Sao Paulo, le plus peuplé du pays, ont montré la présence du variant P1, contre 80% en mars, 40% en février et 20% en janvier. "Nous avons connu le pire moment de mi-mars à mi-avril, quand tous les hôpitaux de toutes les régions du pays ont été surchargés en même temps", souligne Ethel Maciel. La deuxième semaine d'avril a été la plus dévastatrice, avec deux journées à plus de 4000 morts enregistrées en 24 heures.

Les vaccins manquent

Néanmoins, les courbes ont commencé à se stabiliser après plus de quatre mois de hausse vertigineuse : la moyenne de décès quotidiens sur les sept derniers jours est passée sous les 2500, après avoir été supérieure à 3000 il y a encore 15 jours, même si le plateau reste très élevé. Autre signe encourageant : le taux de reproduction, soit le nombre moyen de personnes infectées par chaque porteur du virus, est passé mardi sous le seuil de "1" pour la première fois depuis cinq mois, selon les données de l'Imperial College de Londres.

"Au Brésil, il n'y a aucune coordination nationale du combat contre la pandémie, mais chaque État a pris des mesures de restriction en mars, quand la situation s'est aggravée, et on voit les résultats deux, trois semaines plus tard", indique Ethel Maciel, qui s'inquiète néanmoins du fait que ces restrictions ont déjà été levées dans la plupart des régions.

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Autre problème, la vaccination patine, faute de doses. Selon TV Globo, les injections de la seconde dose ont dû être interrompues dans des villes de 14 des 27 États du pays. À ce jour, 28 millions de personnes ont reçu une première injection, soit 13,2% de la population, et 12 millions la seconde.

La vaccination a débuté à la mi-janvier, avec AstraZeneca et le chinois CoronaVac. Mais une troisième option sera bientôt disponible : un million de doses du vaccin Pfizer devaient arriver par avion jeudi soir. 

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