Face au Covid-19, le Royaume-Uni se décide enfin à fermer ses écoles mais ne se confine toujours pas

Face au Covid-19, le Royaume-Uni se décide enfin à fermer ses écoles mais ne se confine toujours pas
International

RÉACTION – Critiqué de toutes parts pour le manque de prise de mesure, Boris Johnson a décidé de fermer les écoles dès ce vendredi et jusqu’à nouvel ordre. Mais le Premier ministre britannique refuse toujours d’évoquer le confinement des populations.

Boris Johnson commence-t-il à prendre conscience de l’urgence de la situation ? Si le Premier ministre britannique refuse toujours d’évoquer le confinement de la population face à la propagation de plus en plus rapide du nouveau coronavirus, il a décidé, mercredi, de fermer les écoles dès ce vendredi et ça jusqu’à nouvel ordre. 

Le pensionnaire du 10 Downing Street avait jusque-là jugé inutiles les mesures prises par de nombreux pays européens de fermer les écoles. Il a finalement revu sa position vis-à-vis des 10 millions d’élèves du royaume après s’être déjà devancé dans la journée par l’Ecosse et le Pays-de-Galles qui avaient pris une décision similaire. "L'objectif est de ralentir la propagation du virus", a justifié Boris Johnson. "C'est le bon moment pour le faire."

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Il a également annoncé que les examens de fin d’année étaient annulés. Les enfants des personnels essentiels à la lutte, dont ceux des équipes médicales et des forces de police, seront pris en charge ainsi que "les plus vulnérables", a souligné Boris Johnson lors d'un point presse.

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Première décision nationale de Boris Johnson

C’est la première décision nationale prise par Boris Johnson pour freiner l’épidémie alors que le Covid-19 a déjà fait plus de 100 morts en Grande-Bretagne, dont 33 supplémentaires en 24 heures. Et la courbe des contaminations ne fait que grimper, a signalé le National Health Service, service de santé publique, mercredi. En 24 heures, il a ainsi bondi de plus de 30% pour atteindre les 2.626 cas positifs. Un chiffre qui pourrait encore croître car le NHS ne teste pour le moment que les cas graves et pas systématiquement tous les malades. Selon le conseiller scientifique du gouvernement britannique Patrick Vallance, il juge plutôt "raisonnable" d’estime le nombre à 55.000 personnes touchées par le virus. Le gouvernement a indiqué que la cadence de test dans les hôpitaux devrait grimper à 25.000 par jour dans les prochaines semaines.

Par ailleurs, 20.000 militaires ont été placés en alerte pour former une "force de soutien Covid" et venir en aide aux services publics. Quelque 150 d’entre eux seront formés au transport d’oxygène vers le système de santé.

Boris Johnson se refuse toujours à parler de confinement généralisé comme en France, en Italie ou en Espagne. "Nous vivons dans un pays de libertés, nous n'avons pas tendance à imposer ce genre de restrictions (...) mais nous n'écarterons rien", a juste avancé le Premier ministre. Le gouvernement recommande le confinement et la limitation des déplacements, mais ne l’impose toujours pas, même à Londres, principal foyer de l’épidémie dans le pays. Cela n’a pas empêché le pays de constater un net ralentissement de l’économie.

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Le gouvernement organise ses mesures d’urgence

Mais face à la contamination galopante du virus dans le pays, le gouvernement britannique s’organise cependant. Un projet de législation d’urgence a été publié et donne aux autorités des pouvoirs extraordinaires pour une durée pouvant atteindre deux ans. Le texte doit être présenté ce jeudi à la Chambre des Communes.

Le texte prévoit que la police puisse arrêter et isoler des personnes pour protéger la santé publique, que les personnels de santé retraités et travailleurs sociaux soient appelés en renfort. Les ports et aéroports pourront se voir ordonner de cesser leurs opérations en cas de pénurie de personnels de la police aux frontières. Les volontaires pour aider à soigner les patients pourront bénéficier de garanties pour suspendre leur emploi principal pendant une période de quatre semaines maximum. Le gouvernement envisage également d’introduire une loi pour protéger les locataires des expulsions dans le parc privé.

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