Coronavirus : quel est ce nouveau mode de calcul qui fait exploser le nombre de cas ?

Coronavirus : quel est ce nouveau mode de calcul qui fait exploser le nombre de cas ?

DÉCOMPTE - Pékin a annoncé ce jeudi plus de 15.000 contaminations supplémentaires par le coronavirus. Un chiffre record qui donne une ampleur considérable à l'épidémie mais s'explique par une nouvelle méthode de calcul des cas, plus large que la précédente. Explications.

Xi Jinping était optimiste, ce mercredi, évoquant une "évolution positive" de l'épidémie de coronavirus. Des espoirs balayés dès le lendemain. Et pour cause : avec 15.000 contaminations supplémentaires annoncées en Chine, le pays a vu le nombre de cas exploser de façn inédite depuis le début de la crise. De quoi susciter l'inquiétude de certains. Sauf que derrière cette hausse se cache en fait un nouveau mode de calcul. On vous explique.  

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Des cas "diagnostiqués cliniquement"

Cette nouvelle méthodologie est officialisée dans la cinquième édition du plan de traitement mis en place par la Commission nationale de la Santé du pays. Pour l'heure, elle ne s'applique qu'à la province du Hubei, foyer de l'épidémie, comme l'explique un journaliste hongkongais sur Twitter. Désormais, sont comptabilisés l'ensemble des patients "diagnostiqués cliniquement". Entendre par là que les symptômes suffisent à confirmer une nouvelle infection. Avant cette évolution, les résultats d'un test d'acide nucléique étaient indispensables pour confirmer un nouveau cas. 

En pratique, une radio pulmonaire peut dorénavant être considérée comme suffisante pour estimer qu'une personne est atteinte du Covid-19. Selon les autorités, cette méthode doit permettre une prise en charge plus rapide des malades. Sur les 14.840 nouveaux cas confirmés ce jeudi, la quasi-totalité - 13.332 - ont été diagnostiqués "cliniquement". 

Inutilement alarmiste ?

Un nouveau calcul qui, s'il risque d'inquiéter la population, permet surtout, selon les autorités, de faire bénéficier au plus vite les patients d'un traitement. "C'est toujours un dilemme", décrypte auprès de l'AFP Kentaro Iwata, professeur à l'université de Kobe, au Japon, pour qui cette nouvelle volonté des autorités du Hubei est "compréhensible". "Dans ce genre d'épidémie, il y a deux méthodes : soit ratisser large pour faire en sorte qu'aucun malade ne passe à travers les mailles du filet, soit faire un dépistage précis", mais qui prend plus de temps, détaille-t-il. 

Pour d'autres néanmoins, la stratégie a ses limites. Paul Hunter, professeur de médecine à l'Université d'East Anglia, au Royaume-Uni, juge ainsi dans les pages du Guardian que ces chiffres pourraient s'avérer inutilement alarmistes. Et ce car bon nombre de ces cas devraient finalement ne pas être liés au coronavirus. Le chercheur souligne d'ailleurs que cette nouvelle définition d'un cas confirmé n'est pas compatible avec celle de l'OMS, bien que l'institution ait tout de même pris en compte ces données dans son bilan quotidien. 

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Au-delà de poser des questions méthodologiques, ce décompte pose aussi des problèmes politiques. Faut-il y voir une intention du pouvoir de montrer qu'il a pris la pleine mesure du problème ? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que, simultanément, les têtes tombent au sein du régime. Le plus haut responsable du Parti communiste chinois (PCC) dans le Hubei, Jiang Chaoliang, vient par exemple d'être démis de ses fonctions, remplacé par le maire de Shanghai, Ying Yong, réputé proche du président Xi Jinping. Même chose pour le principal responsable du PCC a Wuhan, Ma Guoqiang, également limogé. Tous deux avaient été largement critiqués pour leur réponse - jugée tardive - à l'épidémie. 

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