Coup d'État en Birmanie : Aung San Suu Kyi comparaît ce lundi devant la justice

Suite au coup d'État perpétré en Birmanie ce lundi, Aung San Suu Kyi est assignée à résidence mais en bonne santé.

PROCÈS - L'ex-dirigeante de 75 ans, arrêtée le 1er février lors du putsch militaire, est notamment accusée d'incitation aux troubles publics et d'avoir importé illégalement des talkies-walkies.

L'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, tenue au secret par la junte depuis son arrestation le 1er février, comparaît ce lundi devant la justice birmane. L'audience a débuté et ma cliente est "en vidéoconférence et semble en bonne santé", a déclaré son avocat, Khin Maung Zaw, qui voyait pour la première fois sa cliente n'étant toujours pas autorisé à la rencontrer. La prix Nobel de la paix 1991 est poursuivie pour avoir violé une loi sur les télécommunications et pour "incitation aux troubles publics".

Aung San Suu Kyi, assignée à résidence dans la capitale Naypyidaw depuis son arrestation, était déjà poursuivie pour avoir importé illégalement des talkies-walkies et pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus. Son procès intervient dans un contexte de tensions dans le pays, après près d'un mois de mobilisation pro-démocratie et de manifestations quotidiennes.

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Birmanie : un coup d'État et une répression sanglante

Malgré la peur des représailles, les contestataires étaient de nouveau dans les rues ce lundi dans plusieurs villes du pays. Les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants rassemblés près de la tristement célèbre prison d'Insein à Rangoun pour protester contre les multiples arrestations de la veille. Dans d'autres endroits de la capitale économique, certains manifestants ont érigé des barricades de fortune avec des panneaux de bois, des canapés ou des poteaux en bambou pour se protéger. La police a tiré avec des balles en caoutchouc pour tenter d'en disperser certains, rapporte un média local qui fait état de plusieurs blessés.

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Au moins 30 morts et plus de 1100 arrestations

La journée de dimanche a été la plus meurtrière depuis le coup d'État du 1 février. Selon les Nations Unies, 18 personnes ont été tuées lors de rassemblements pro-démocratie. 571 personnes ont également été arrêtées à travers le pays, rapporte de son côté un média officiel. "L'armée birmane est une organisation terroriste", a réagi sur Facebook la militante birmane Thinzar Shunlei Yi. Les autorités ont averti que "des mesures sévères seront inévitablement prises" contre des "foules anarchiques".

Les nombreuses protestations internationales et l'annonce de sanctions par les États-Unis et l'Union européenne n'ont pour l'instant pas réussi à infléchir les militaires. On dénombre à ce jour une trentaine de morts dans les rangs des manifestants depuis le putsch du 1er février. L'armée affirme pour sa part qu'un policier a péri en tentant de disperser un rassemblement. Au total, plus de 1100 personnes ont été interpellées, inculpées ou condamnées.

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