Coupe du monde 2014 : Sao Paulo la frondeuse

Coupe du monde 2014 : Sao Paulo la frondeuse
International

BRÉSIL - La police militaire (PM) de Sao Paulo a dispersé lundi avec des bombes lacrymogènes des manifestants qui soutiennent la grève des employés du métro. Un mauvais signal pour les autorités, à trois jours du Mondial de football.

Le cœur du Mondial va-t-il battre au ralenti ? A trois jours du coup d'envoi de la compétition, la crise sociale qui bouscule depuis des mois le Brésil joue les prolongations à Sao Paulo, la mégapole aux 20 millions d'habitants qui accueille jeudi le match inaugural Brésil-Croatie. Le mouvement de grève des employés du métro a en effet viré lundi à l'affrontement avec la police militaire.

Confrontées à des feux de poubelles sur l'artère principale de la ville, les forces de l'ordre ont recouru à des gaz lacrymogènes pour disperser la centaine de manifestants qui a battu le pavé malgré la décision de justice considérant leur mouvement comme illégal . Le tribunal du travail de Sao Paulo a en effet menacé dimanche les syndicats de 30.000 euros d'amende pour chaque jour de grève. Mais après cinq jours de blocages qui ont provoqué 250 km de bouchons, le mouvement – qui réclame 12,2% de hausse de salaire – incarne une fronde sociale bien décidée à profiter du Mondial pour obtenir sa part du gâteau.

"Une campagne systématique contre le Mondial"

Chauffeurs de bus, policiers ou vigiles des banques... les grèves sectorielles se multiplient , prenant le relais du mouvement sans précédent né en juin 2013. En pleine Coupe des confédérations de football, les Brésiliens étaient alors déjà massivement descendus dans les rues pour dénoncer les 11 milliards de dollars dépensés pour le Mondial et exiger des investissements massifs dans les transports, la santé ou l'éducation. Si les manifestations ont perdu leur souffle au fur et à mesure qu'elles dégénéraient en affrontements violents avec la police, la grogne fait de la résistance : 54% des Brésiliens pensent que le Mondial leur apportera plus de préjudices que d'avantages, selon un sondage Datafolha publié dimanche dans le pays.

Un désaveu pour la présidente Dilma Rousseff, qui préfère y voir "une campagne systématique contre la Coupe du monde". "Nous allons montrer l'exemple de la joie, de la force et de la civilité du Brésil", a plaidé dimanche celle qui brigue un second mandat aux élections du 5 octobre prochain. D'ici là, nul doute que le verdict de la coupe du Monde influera sur le choix des électeurs dans l'isoloir. Toujours selon Datafolha, 65% d'entre eux auraient "honte" si le Mondial était perturbé par des manifestations.

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