Covid-19 : la liberté d'expression soumise à des entraves "sans précédent", selon Amnesty

Covid-19 : la liberté d'expression soumise à des entraves "sans précédent", selon Amnesty

INFODÉMIE - Dans un rapport publié mardi 19 octobre, Amnesty International cible les attaques menées contre la liberté d'expression pendant la pandémie de Covid dans les pays connus pour leurs politiques répressives. L'ONG dénonce un impact dévastateur sur l'accès à l'information pour faire face à la crise sanitaire.

Des entraves "sans précédent" à la liberté d'expression. De nombreux gouvernements à travers le monde ont profité de la pandémie de coronavirus pour faire taire les critiques, dénonce l'ONG Amnesty International dans un rapport publié, mardi 19 octobre. Combinées à une vague de désinformations, ces mesures répressives ont souvent empêché les populations d'avoir un accès direct à des informations exactes sur le virus, pourtant indispensables pour leur permettre d'y faire face dès l'émergence de la pandémie début 2020, a souligné l'organisation de défense des droits humains, fondée en 1961.

"Tout au long de la pandémie, des gouvernements ont lancé une attaque sans précédent sur la liberté d'expression", a déclaré un responsable d'Amnesty Rajat Khosla, dans un communiqué. "Des canaux de communication ont été pris pour cibles, des réseaux sociaux censurés et des organes de presse fermés", a-t-il ajouté, et "des journalistes et des professionnels de santé ont été réduits au silence et emprisonnés". Le manque d'informations a constitué un "facteur" aggravant le bilan de la pandémie, selon l'ONG.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Amnesty International cite notamment le cas de la Chine, où plus de 5000 enquêtes pénales avaient été ouvertes à février 2020 contre des personnes accusées de "fabriquer et volontairement répandre des informations fausses et préjudiciables" sur la nature et l'étendue de l'épidémie. En Tanzanie, le gouvernement de l'ancien président John Magufuli, qui n'a cessé de minimiser l'impact du coronavirus et refusé de prendre des mesures pour endiguer la pandémie, a eu recours à des lois interdisant et punissant les "fausses informations" pour restreindre notamment l'activité des médias.

Les restrictions ne sont pas seulement des mesures extraordinaires circonscrites dans le temps- Rajat Khosla, responsable à Amnesty International

Au Nicaragua, une législation visant à lutter contre la cybercriminalité permet en fait de "punir ceux qui critiquent les politiques du gouvernement" et de "réprimer la liberté d'expression". En Russie, une loi sanctionnant sévèrement la diffusion de fausses informations relatives au Covid risque fort de rester en place une fois la pandémie terminée, a prévenu Amnesty International.

"Il est clair que les restrictions liées à la liberté d'expression ne sont pas seulement des mesures extraordinaires circonscrites dans le temps pour faire face à une crise ponctuelle", juge Rajat Khosla, directeur recherches, plaidoyer et politique à Amnesty. "Elles s'inscrivent dans le cadre de l'offensive contre les droits humains que l'on voit à l'œuvre dans le monde depuis quelques années - les gouvernements ayant trouvé une nouvelle excuse pour intensifier leur attaque contre la société civile."

Lire aussi

Outre les gouvernements, l'ONG, basée à Londres, a critiqué les plateformes numériques, qui n'en font pas assez pour lutter contre la désinformation. Tout cela "rend de plus en plus difficile pour des personnes de se faire une opinion totalement informée et de faire des choix en connaissance de cause sur leur santé", a-t-elle souligné dans son rapport. Une information exacte est pourtant "cruciale", selon elle, pour "pour limiter la réticence à la vaccination induite par la mésinformation."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Présidentielle 2022 : les équipes d'Eric Zemmour partent à la chasse aux parrainages

EN DIRECT - Covid-19 : un premier cas du variant Omicron détecté aux États-Unis

Covid-19 : Doctolib saturé, comment réserver sa dose de rappel malgré tout ?

Variant Omicron : le PDG de Moderna juge prématuré de se prononcer sur l'efficacité de la 3e dose

Y a-t-il réellement "91% de fausses couches" chez les mères vaccinées au cours du premier trimestre ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.