Covid-19 : au nom de l’emploi, le Brésil refuse toujours de se confiner

Le président brésilien Jair Bolsonaro, 29 mars 2021

VIRUS - Avec plus de 340.000 décès, le Brésil paye un lourd tribut de l’épidémie. Pourtant, Jair Bolsonaro refuse de décréter un confinement national et demande même aux élus de renoncer aux mesures en place.

"Il n’y aura pas de confinement national." Le président brésilien a une nouvelle fois rejeté l'idée d'une mise sous cloche du pays, pourtant l'un des plus touchés par le Covid-19, mercredi 7 avril, lors d’une cérémonie officielle à Chapeco, où il inaugurait l’aéroport de la ville. Après plus d’un an de pandémie, qui a déjà tué plus de 340.000 personnes sur un total de 211 millions d’habitants, le gouvernement se refuse toujours à un confinement de la population. La veille, un nouveau record était atteint avec 4195 décès liés au coronavirus enregistrés en seulement 24 heures. 

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Au mois de mars, plus de 66.000 personnes sont mortes de la maladie, près du double de juillet, considéré comme le pire mois jusque-là sur le plan sanitaire. Avec l’émergence du variant brésilien, qui a rendu "l’épidémie hors de contrôle" selon les mots du cancérologue Drauzio Varella dans le journal Folha de São Paulo, le bilan est catastrophique dans le pays. Et pourtant aucune mesure nationale n’a été mise en place depuis le début de l’épidémie. 

Aucune mesure sanitaire dans 3 États

D’ailleurs, les quelques restrictions prises localement ont été questionnées par le président. Jair Bolsonaro a ainsi demandé aux gouverneurs et aux maires de "revenir sur les mesures de restrictions et de permettre aux gens d’aller travailler" : "Cette politique de ‘rester à la maison’ prend des emplois aux autres, ferme les commerces, appauvrit notre pays. Nous connaissons le problème du virus, mais nous connaissons aussi le problème du chômage". 

Car la préservation des emplois est l’argument principal du chef de l’État face à une épidémie qu’il n’a cessé de minimiser depuis son apparition. "Nous voulions que personne ne meure, mais nous avons une réalité devant nous. Les effets du chômage sont encore plus dommageables que ceux du virus lui-même", a argué Jair Bolsonaro, à la tête du deuxième pays le plus endeuillé du monde par le Covid-19. 

Depuis le début de la crise sanitaire, la politique est territorialisée : il y a un an, la Cour suprême accordait les compétences en matière de gestion sanitaire aux États et aux municipalités. Résultat, peu des 27 États ont confiné leurs habitants et trois d’entre eux n’ont pris aucune mesure du tout. "Chaque ville, chaque État, définit à sa manière ce qui peut rester ouvert ou non, au gré des pressions politiques et économiques locales. C’est pourquoi la situation est si chaotique", a souligné à l’AFP José David Urbaez, du centre d’infectiologie de Brasilia.

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La ville de São Paulo, elle, a décrété en urgence à la mi-mars une série de restrictions pour freiner la circulation du virus, comme l’instauration d’un couvre-feu de 20h à 5h du matin ou la fermeture des commerces non-essentiels, des stades et des églises. En revanche à Rio de Janeiro, la fermeture des restaurants décidée fin mars par le maire s’est vue finalement annulée par le gouverneur : ceux-ci peuvent donc rester ouverts jusqu’à 23h. 

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