Avec plus de 1000 morts du Covid-19 par jour, le Brésil s'enlise dans la crise sanitaire

Avec plus de 1000 morts du Covid-19 par jour, le Brésil s'enlise dans la crise sanitaire

ÉPIDÉMIE - Alors que les hôpitaux sont au bord de l'effondrement, le géant d'Amérique du Sud affronte le pic le plus violent de l'épidémie avec 1910 personnes décédées du Covid-19 ce mercredi. Un bilan record.

Le Brésil est à bout de souffle. Les records de morts du Covid-19 pleuvent, jour après jour. Mercredi 3 mars, on y a enregistré 1910 morts. La veille, 1641. Avec un total de 259.271 morts à la suite de l'épidémie, l'immense pays latino-américain est le plus endeuillé au monde après les États-Unis. "Pour la première fois depuis le début de la pandémie, on assiste dans tout le pays à une détérioration des différents indicateurs", a indiqué ce mardi la Fondation Fiocruz, qui dépend du ministère de la Santé. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

En effet, la situation brésilienne est critique sur plusieurs points. En premier lieu, des hôpitaux qui sont au bord de l'effondrement. Selon le ministère de la Santé, le "scénario est alarmant" avec des taux élevés de syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS) et une occupation des lits en soins intensifs supérieure à 80% dans 19 des 27 États du pays. Même les États les mieux dotés en infrastructures hospitalières, dans le Sud par exemple, voient leurs services de soins intensifs en "alerte critique."

Si le Brésil avait déjà été touché par la première vague, la deuxième est encore pire. Au cours des sept derniers jours, la moyenne mobile de morts du coronavirus a été de 1331, un chiffre qui jusqu'en février n'avait jamais été au-delà de 1100. Cette moyenne était repassée au-dessus de 1000 en janvier, un sommet qui n'avait jusque-là était atteint qu'entre juin et août 2020, pire période de la première vague.

Selon les épidémiologistes, le Brésil paie l'addition pour les réunions familiales et amicales qui se sont déroulées lors de la période des fêtes de Noël et du Nouvel An. À cela pourrait s'ajouter la "facture" de la période du carnaval de la fin février, qui a donné lieu à des rassemblements festifs en dépit de leur interdiction et de l'annulation des grands défilés, comme à Rio. Les scientifiques invoquent aussi le variant P1 apparu en Amazonie, qui est deux fois plus contagieux et a essaimé dans 17 États du Brésil et plusieurs pays étrangers.

Bolsonaro accusé de saboter la campagne de vaccination

Si les contaminations augmentent à vitesse grand V, la vaccination est menée au rythme de l'escargot. Lancée mi-janvier,  la campagne nationale d'immunisation souffre cruellement du manque de doses. Dans ce pays de 212 millions d'habitants, seuls 7,1 millions de personnes ont reçu une première injection, 2,1 millions les deux. Un constat d'autant plus étonnant que le Brésil avait fait preuve d'efficacité pour éradiquer les précédentes épidémies. Le journal Le Monde souligne ainsi que le pays sud-américain avait réussi à venir à bout de la polio en quelques années en 1973.

Au rayon des responsabilités, les habitants et scientifiques pointent du doigt le président Jair Bolsonaro. Ce dernier, connu pour la légèreté avec laquelle il traite l'épidémie, a refusé de se voir inoculer le vaccin contre le Covid-19 et a appelé la population à rejeter le sérum. "Si [après avoir reçu votre injection] vous vous transformez en crocodile, c’est votre problème !" avait-il clamé. 

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Faute d'une politique nationale de lutte contre le Covid-19, chaque État du pays et chaque municipalité a pris - ou pas - des mesures, en ordre dispersé. Ainsi l'État de Sao Paulo, avec ses 46 millions d'habitants, repasse samedi, pour deux semaines, en "phase rouge". À noter qu'il n'autorise que les "activités essentielles", dans la santé, l'alimentation ou les transports publics. Les restaurants, bars, centres commerciaux et magasins y sont fermés. 

Comme d'autres gouverneurs, celui de Sao Paulo se sent abandonné par l'État. "Plus de 1000 personnes meurent chaque jour au Brésil, c'est comme si cinq avions s'écrasaient. Ceci n'est pas normal, n'est pas banal [...], ceci est une tragédie", a -t-il déclaré mercredi, accusant le président Jair Bolsonaro de "négationnisme". Contre l'incurie du chef de l'État, les gouverneurs se sont d'ailleurs unis pour acheter les doses de vaccin nécessaires à leur territoire. 

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