Covid-19 : Pays-Bas, Belgique, Autriche... l'Europe se rebelle contre les restrictions sanitaires

Covid-19 : Pays-Bas, Belgique, Autriche... l'Europe se rebelle contre les restrictions sanitaires

FEU AUX POUDRES - Des heurts violents en Belgique aux nouvelles émeutes aux Pays-Bas, la colère gronde en Europe face aux mesures anti-Covid adoptées pour enrayer la cinquième vague. Ce week-end, la tension est montée d'un cran.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Un peu partout en Europe, les chiffres s'affolent. Le 8 novembre 2020, en pleine deuxième vague, 287.103 cas avaient été comptabilisés. Un an plus tard, pour le quatrième jour de suite, ce "record" a été effacé. Plus de 324.000 nouvelles contaminations ont été enregistrées dimanche 21 novembre, selon des données gouvernementales regroupées par Our World in Data. En parallèle de cette flambée épidémique, qui touche les pays à des degrés différents, les restrictions sanitaires refont leur apparition sur le Vieux Continent, redevenu l'épicentre de la pandémie.

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Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Couvre-feu, confinement, vaccination obligatoire... Une partie de la population en Europe n'adhère pas aux mesures anti-Covid. Ce week-end, la protestation s'est durcie face aux mesures anti-Covid adoptées pour endiguer la recrudescence de l'épidémie, qui s'emballe en Europe. Si les images de la Guadeloupe, au bord de l'embrasement, ont beaucoup tourné, la situation est tout aussi tendue ailleurs. Ce dimanche, quelque 35.000 manifestants, selon la police, ont participé à une marche à Bruxelles. Alors qu'il avait débuté pacifiquement, le rassemblement a dégénéré. Des heurts ont éclaté, obligeant la police à utiliser des canons à eau et des gaz lacrymogènes face à un groupe de personnes lançant des projectiles.

Des affrontements d'une rare violence

Le face-à-face avec les forces anti-émeutes s'est déroulé dans le quartier de l'administration belge et du gouvernement de l'Union européenne, juste à côté des ambassades des États-Unis et de Russie. Dans ce violent affrontement, plusieurs manifestants portaient des cagoules et brandissaient des drapeaux nationalistes flamands, tandis que d'autres individus arboraient des étoiles jaunes rappelant l'occupation nazie. Des palettes en bois ont été brûlées au beau milieu de la chaussée, et des images sur les réseaux sociaux montraient des manifestants s'en prenant à des véhicules de police.

Avec près de 10.300 nouvelles infections par jour en moyenne sur la semaine écoulée, la Belgique retrouve un rythme de propagation du virus qui n'avait plus été atteint depuis un an, comme de nombreux autres pays d'Europe. Le pays connaît des niveaux d'hospitalisation de patients Covid qu'elle n'avait plus enregistrés depuis mai (plus de 2000 patients, dont plus de 25% en soins intensifs). Pour endiguer cette reprise, les autorités ont annoncé la généralisation du port du masque et l'interdiction faite aux personnes non vaccinées d'accéder à des lieux publics, comme des restaurants et des bars.

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Une "orgie de violence" aux Pays-Bas

Des épisodes similaires ont eu lieu aux Pays-Bas, où les protestations ont viré à l'émeute, au lendemain d'une "orgie de violence", qui a frappé Rotterdam où 51 personnes ont été arrêtées et trois blessées par balle. De nouveaux heurts ont éclaté, samedi 20 novembre, à La Haye, où siège le gouvernement, en marge du cortège contre le confinement partiel et l'interdiction de certains lieux aux non-vaccinés, notamment les bars et les restaurants. La police locale a annoncé dimanche avoir arrêté 19 fauteurs de troubles. Des violences ont également éclaté à Urk et dans plusieurs localités de la province du Limbourg. 

Dans la soirée, à Enschede, à la frontière allemande, où l'état d'urgence a été décrété. Des casseurs se sont livrés à des dégradations pour la troisième soirée consécutive. Au moins cinq personnes ont été interpellées "pour incitation à la violence publique", selon la police. Les protestataires ont aussi tiré des feux d'artifice et saccagé ce qui leur tombait sous la main dans les villes de Groningue, Leeuwarden et Tilburg, ont rapporté les forces de l'ordre ainsi que les médias locaux. 

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Reconfinement pour tous en Autriche : la manifestation fait le plein

Dans le même temps, en Autriche, plus de 40.000 personnes se sont réunies à Vienne, à deux pas de l'ancien Palais impérial de la Hofburg pour dénoncer "la corona-dictature" et le "fascisme", avant l'entrée en vigueur, lundi 22 novembre, d'un confinement jusqu'au 13 décembre. Le rassemblement, resté pacifique, a été organisé à l'appel d'un nouveau parti opposé aux restrictions, le MFG, récemment entré au Parlement régional. Au milieu des drapeaux rouges et blancs de l'Autriche, on pouvait lire sur les banderoles : "La piqûre est le plus grand crime contre l'humanité", "Non à la vaccination obligatoire" ou "Touche pas à nos enfants". Ils étaient de nouveau 6000, selon la police, à défiler dans le calme, dimanche, à Linz. 

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