En dépit du coronavirus, les marchés de Wuhan, épicentre de la pandémie, rouvrent

En dépit du coronavirus, les marchés de Wuhan, épicentre de la pandémie, rouvrent
International

REPRISE - Les marchés de rue ont rouvert à Wuhan, malgré une réputation sulfureuse qui leur vaut des appels à la fermeture depuis l'étranger, quatre mois après l'apparition du Covid-19 dans la cité du centre de la Chine.

Après plusieurs mois à l'arrêt, les marchés de Wuhan, berceau de la pandémie du coronavirus, ont rouvert en Chine. L'épidémie, qui a tué plus de 125.000 personnes dans le monde, semble largement endiguée dans le pays après la mise sous cloche de Wuhan et de ses 11 millions d'habitants du 23 janvier au 8 avril. Ainsi, une semaine après la levée du bouclage, des panneaux rappellent l'interdiction de la vente d'animaux sauvages et même de volaille vivante au marché Baishazhou, l'un des plus grands de la ville. Dans les haut-parleurs, des messages proclament "la victoire" du pays contre le coronavirus. 

Pour autant, cette décision n'en reste pas moins prématurée alors que la pandémie fait rage partout dans le monde : selon les experts, l'origine du virus se trouverait dans un marché ouvert de Wuhan, là où étaient mélangés dans des caisses en osier divers animaux sauvages (serpents, chauves-souris, pangolins...) massivement achetés par les Chinois pour la fête du Rat. Conservés dans des conditions sanitaires si déplorables, certains animaux préalablement infectés auraient infectés d’autres animaux en quelques jours. 

Si la Chine a interdit le 24 février dernier "totalement et immédiatement" le trafic et la consommation d'animaux sauvages, une législation existe pourtant depuis l'épidémie de Sras en 2003, mais elle n'a jamais été réellement appliquée par Pékin. A ce sujet, certains spécialistes des maladies infectieuses comme le professeur Sicard appelle à la création d'un tribunal sanitaire international. 

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Dans trois marchés de la ville, une équipe de l'AFP a vu que des animaux vivants étaient toujours en vente : tortues, grenouilles, poissons ou crustacés, mais pas de volailles ou mammifères terrestres. A l'étranger, l'existence même de ces marchés inquiète, notamment en Australie, où le Premier ministre Scott Morrison a jugé leur réouverture "incompréhensible". "Nous devons protéger le monde contre des sources potentielles d'épidémies par ce type de virus", a-t-il déclaré cette semaine à la télévision. 

Aux Etats-Unis, le directeur du prestigieux Institut national des maladies infectieuses Anthony Fauci, a déclaré sur la chaîne Fox News que les marchés devraient être fermés "immédiatement". S’adressant à l’animateur américain Howard Stern, Paul McCartney a qualifié, ce mardi sur la radio Sirius XM, les marchés chinois vendant des animaux vivants de “moyenâgeux” et a demandé leur interdiction en les comparant avec l’esclavage, comme le relaie The Guardian.

Si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé les Etats à interdire la vente d'animaux sauvages, elle n'a en aucun cas plaidé pour la fermeture des marchés. A Wuhan, la plupart des commerçants interrogés par l'AFP assurent n'avoir jamais vendu d'animaux sauvages. Mais au marché Tiansheng, deux vendeurs ont confié avoir dû cesser de vendre certaines espèces de grenouilles et de tortues à la suite du renforcement de la réglementation.

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