"Le nombre de doses a été réduit" : le patron de l'OMS accuse des pays riches d'acheter tous les vaccins

"Le nombre de doses a été réduit" : le patron de l'OMS accuse des pays riches d'acheter tous les vaccins

ACCUSATION - Tedros Adhanom Ghebreyesus a accusé ce lundi "certains pays riches de saper" le dispositif Covax, qui permet de distribuer des vaccins contre le Covid-19 en pays en voie de développement. "Nous pouvons seulement livrer des vaccins si les pays riches coopèrent", a-t-il fait valoir.

La production et la répartition des doses de vaccin contre le Covid-19 n'en finit plus de faire débat. Ce lundi, le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a accusé, sans les citer, "certains pays riches de saper" le dispositif de distribution équitable de vaccins, Covax, en persistant à approcher directement les laboratoires pour avoir accès à davantage de précieuses doses pour leur population.

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"Certains pays riches sont actuellement en train d'approcher les fabricants pour s'assurer l'accès à des doses de vaccins supplémentaires, ce qui a un effet sur les contrats avec Covax, et le nombre de doses allouées à Covax a été réduit à cause de cela", a tancé le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse commune par visioconférence avec le président allemand, Frank-Walter Steinmeier.

"Avoir l'argent ne veut rien dire, si vous ne pouvez pas l'utiliser pour acheter des vaccins"

Le système Covax a été mis en place pour tenter d'éviter que les pays riches ne s'accaparent l'ensemble des doses de vaccin qui sont encore fabriquées en quantité trop réduites pour répondre à la demande mondiale. Le système Covax comprend notamment un mécanisme de financement qui doit permettre à 92 économies à faible et moyen revenu d'avoir accès aux vaccins. Mais la pénurie fait que les premières distributions aux pays démunis ne devraient pas avoir lieu avant la fin du mois, tandis que dans beaucoup de pays riches, les campagnes de vaccination ont commencé fin 2020.

Répondant à une question sur les engagements conséquents pris par les États-Unis, l'Union européenne et l'Allemagne d'augmenter sensiblement leur contribution à Covax, le directeur général a laissé paraître sa frustration. "Avoir l'argent ne veut rien dire, si vous ne pouvez pas l'utiliser pour acheter des vaccins", a-t-il lancé.

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"Nous pouvons seulement livrer des vaccins aux pays membres de Covax si les pays riches coopèrent en respectant les contrats passés par Covax", a-t-il insisté, enjoignant à ces pays, qu'il n'a pas cités, de s'assurer que leur comportement ne sape pas le système de distribution chapeauté entre autres par l'OMS et l'alliance pour les vaccins. Et de lâcher : "mais je ne pense pas qu'ils se posent la question".

Frank-Walter Steinmeier a lui aussi plaidé pour que les vaccins soient plus largement distribués, pour des raisons morales mais aussi parce que c'est dans l'intérêt bien compris de tous d'éradiquer le virus rapidement, pour éviter que des variants, parfois plus dangereux, ne continuent d'éclore un peu partout. Mais, a-t-il reconnu, "les gouvernements ont d'abord et avant tout une obligation envers leur population".

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