Scandale de vaccination au Pérou : après la ministre de la Santé, la cheffe de la diplomatie démissionne

Scandale de vaccination au Pérou : après la ministre de la Santé, la cheffe de la diplomatie démissionne

COVID-19 - Dans le sillage de la ministre de la Santé, la ministre péruvienne des Affaires étrangères a annoncé sa démission dimanche. En cause : des vaccins dont elles ont bénéficié, avant les populations prioritaires.

Un système hospitalier saturé, une pénurie d'oxygène médical et des morts par milliers : le Pérou est durement frappé par le Covid-19. Une crise sanitaire à laquelle s'ajoute depuis quelques jours une crise politique, des membres du gouvernement ayant pu se faire vacciner dès janvier. Soit avant les populations prioritaires.

Le scandale a éclaté jeudi après la révélation par un quotidien péruvien que l'ancien président Martin Vizcarra (2018-2020) avait été vacciné contre le Covid-19 en octobre, quelques semaines avant sa destitution par le parlement. L'ancien chef de l'État, qui brigue un siège de parlementaire aux élections du 11 avril, s'est défendu en disant qu'il s'était porté volontaire dans l'essai clinique du vaccin Sinopharm, comme des milliers d'autres Péruviens. Ce que l'université en charge de l'essai a démenti.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

"Cette situation qui met en péril les efforts de nombreux Péruviens"

Cette révélation a provoqué un tollé, entraînant la démission de la ministre de la Santé, Pilar Mazzetti, vendredi. Et selon des médias péruviens, une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de la République. Sans attendre les avancées de la justice, la ministre péruvienne des Affaires étrangères a jeté l'éponge : "J'ai présenté à M. le président de la République ma lettre de démission de ministre des Affaires étrangères", a écrit Elizabeth Astete sur Twitter. En cause ? Une "grave erreur", celle de se faire vacciner dès le 22 janvier. Sa démission a été aussitôt acceptée par le président par intérim Francisco Sagasti, qui s'est dit "indigné et furieux de cette situation qui met en péril les efforts de nombreux Péruviens". Selon les derniers chiffres, le Pérou a enregistré 43.703 décès du Covid-19 pour 1,23 million de cas confirmés.

Le scandale va-t-il s'arrêter là ? Selon les médias péruviens, de nombreux responsables et fonctionnaires pourraient avoir été vaccinés de manière anticipée, Sinopharm ayant fourni, outre les doses prévues pour l'essai clinique, 2.000 doses supplémentaires destinées aux personnels en charge de l'essai et aux membres du gouvernement péruvien. Ces spéculations ont amené dimanche plusieurs personnalités politiques à démentir publiquement avoir été vaccinées.

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La campagne de vaccination a démarré mardi au Pérou et est pour l'instant destinée aux personnels de santé.  Le président Sagasti, 76 ans, a reçu mardi une injection en public et, à cette occasion, a encouragé les Péruviens à se faire vacciner. Il n'existe toutefois pas encore de calendrier de vaccination pour la population générale, le Pérou n'ayant pour l'instant reçu qu'un million de doses du vaccin chinois Sinopharm.

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